«Je trouve cela discutable pour ce qui est de la façon de faire, on ne respecte pas les instances démocratiques», estime Karel Ménard, directeur de ce regroupement provincial d'organismes environnementaux.
«C'est un peu comme si une organisation ou une entreprise contestait un rapport du BAPE (Bureau d'audiences publiques sur l'environnement); ça fait partie du jeu d'être pour ou contre, mais il faut ensuite respecter la décision», ajoute-t-il.
Estrie Enviropôle a déposé la semaine dernière en Cour supérieure une action en annulation de certains règlements de la MRC des Sources, dont son Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR).
Cette filiale de la Corporation Maybach, de l'homme d'affaires Lucien Rémillard, estime que le fait de limiter à 50 000 tonnes par année les quantités de matières résiduelles pouvant être traitées sur le territoire de la MRC met en péril son projet de complexe de valorisation énergétique des matières résiduelles.
Ce projet comporte un centre de tri, une plateforme de compostage, une usine de méthanisation et un lieu d'enfouissement technique. Il pourrait créer 220 emplois.
«En vertu de la Loi sur la qualité de l'environnement, les MRC adoptent leur PGMR et peuvent le réviser. Elles ont un droit de regard sur les quantités de matières qui entrent sur leur territoire», fait remarquer M. Ménard.
«Une MRC est une entité légale et une fois la décision prise, ça peut effectivement bloquer un projet», juge-t-il.
«J'ai aussi une question à leur poser: où vont-ils prendre les 80 000 tonnes de matières pour la méthanisation? Et il me semble qu'avec la baisse des prix des matières, ce n'est pas le moment d'ouvrir un centre de tri», commente M. Ménard.
En janvier dernier, la MRC des Sources a mené une consultation publique afin de modifier son PGMR, en prévision de la fin de la vie utile de son lieu d'enfouissement sanitaire, en janvier 2009. Le nouveau PGMR est entré en vigueur le 20 octobre.
«Lorsque la compagnie invoque que les citoyens n'ont pas eu les deux côtés de la médaille, je trouve ça un peu déplorable et j'espère que ça ne viendra pas colorier la relation entre les promoteurs et la MRC», dit M. Ménard, qui participera le 3 décembre à une soirée d'information des Amis de la Terres de la MRC des Sources, au camp musical d'Asbestos.










