Le roi de la lentille entre ciel et terre!

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Le roi de la lentille entre ciel et terre!

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Yves Tremblay

Imacom, Christian Landry

 

Mario Goupil
La Tribune

(MAGOG) Ils sont 420 dans le monde à exercer ce métier, suspendus entre ciel et terre. Au congrès 2009 de l'Association internationale des photographes aériens qui se déroulait à Tampa, en Floride, le week-end dernier, Yves Tremblay a eu la distinction d'être proclamé «photographe de l'année» par ses pairs.

«C'est un honneur qui me fait chaud au coeur, confie-t-il Je ne pourrai jamais oublier l'hommage que l'on m'a rendu là-bas. Même que je n'ai pu retenir mes larmes après la présentation la vidéo portant sur ma carrière.»

 

Yves Tremblay n'est finalement rentré à ses bureaux de Photo-Hélico, établis dans le parc industriel de Magog, qu'au cours des dernières heures. Il devait revenir en fin de semaine, mais un collègue du Maine lui a proposé un détour, sollicitant sa collaboration pour l'élaboration d'un contrat de photos aériennes d'une propriété évaluée à 18 millions $. Plus tard, pour ce même client, ils iront photographier depuis le ciel son domaine des Bermudes.

La consécration du week-end dernier en Floride vient s'ajouter à une feuille de route déjà bien garnie pour Yves Tremblay. Le photographe de 47 ans se hisse du même coup au sommet de sa profession.

À trois reprises, dans le passé, un de ses clichés pris du haut des airs avait d'ailleurs été proclamé «photographie de l'année». En 2004, il devenait même le premier Canadien à remporter en même temps les titres des catégories «photo artistique» et «photo commerciale» de l'année.

Grâce à Céline

Le titre de photographe de l'année n'est pas attribué que pour les prouesses de l'artiste. On tient compte également de son implication, tant au niveau de sa profession que dans sa communauté, et aussi de la visibilité qu'il offre au métier qu'il exerce.

L'été dernier, à l'invitation d'un membre de l'entourage de Céline Dion et de René Angélil, Yves Tremblay a accepté de parrainer financièrement un des 12 enfants malades, en provenance de tous les coins du monde, choisis pour participer à un événement organisé par la chanteuse au profit de la Fondation de l'hôpital Ste-Justine de Montréal.

En plus de rencontrer Céline Dion et vivre quatre jours de rêve à Montréal, les 12 enfants ont eu droit, grâce à Yves Tremblay, à un tour en hélicoptère dans le ciel de Montréal à partir de La Ronde.

«Une expérience magique, explique Yves Tremblay. Je parrainais un enfant du Texas qui était devenu à l'âge de 11 mois le plus jeune greffé du coeur au monde.»

Lui-même père de quatre garçons, le photographe a eu la chance de croiser la diva lors d'une réception organisée pour les enfants.

«En entrant dans la salle, elle s'est dirigée vers mon fils âgé de 4 ans, Zachary. Elle l'a pris dans ses bras et s'est mise à lui caresser les cheveux. Comme papa, ce sont des moments que tu ne peux pas oublier», dit-il.

«La visibilité que j'ai eue grâce à Céline m'a certainement aidé à remporter le titre de photographe de l'année», reconnaît le récipiendaire.

Son implication dans cette activité pourrait également avoir d'autres retombées positives dans l'avenir. Depuis 10 ans, le métier qu'il exerce lui a bien sûr permis de rencontrer bien des gens fortunés de ce monde et de prendre leurs propriétés en photos.

Qui sait, peut-être aura-t-il droit à un coup de fil de René Angélil un jour.

UN COUP DE POUCE DU PHARMACIEN JEAN COUTU

Il est vrai de dire que chez Jean Coutu, Yves Tremblay a trouvé de tout, même un ami.

Car c'est un peu beaucoup grâce au célèbre pharmacien que le photographe de 47 ans a pu faire son chemin dans la photographie aérienne.

Il faut savoir qu'Yves Tremblay a d'abord oeuvré dans le monde des hebdos, comme vendeur publicitaire pour gagner sa vie et comme photographe pour se faire plaisir.

Un jour qu'on avait besoin de quelqu'un pour faire des photographies aériennes du mont Orford en vue d'un reportage dans l'hebdomadaire Reflet du Lac de Magog, Yves Tremblay a proposé ses services.

Une fois dans les airs, le pilote lui a demandé s'il lui ferait la faveur de photographier la propriété d'un ami située sur les rives du lac Memphrémagog. «Tant qu'à être là, j'ai photographié aussi les propriétés voisines», se souvient-il.

Un de ces voisins était justement Jean Coutu.

«Le pilote m'a rappelé pour me dire que M. Coutu, qui avait vu mes photos, était intéressé à en avoir pour lui», raconte Yves Tremblay.

«En as-tu de plus grandes?» lui a tout de suite demandé M. Coutu.

Sur-le-champ, il lui a passé une commande pour les propriétés de ses enfants, situées tout autour de la sienne. Puis il lui a suggéré les noms et les numéros de téléphone d'amis qu'il savait intéressés par de telles photos.

«Ça aide d'être recommandé par Jean Coutu», avoue Yves Tremblay avec un large sourire.

Ce hobby est devenu son métier depuis 10 ans maintenant.

Après Jean Coutu, ce fut Laurent Beaudoin, le grand manitou de Bombardier, qui a commandé des photographies aériennes de ses propriétés et de celles de ses cinq enfants. De ses usines aussi. Un membre de la famille de M. Beaudoin a ensuite commandé des photos de ses 19 Burger King et de ses trois centres commerciaux, vus du ciel.

Puis, tous les riches et célèbres possédant des châteaux autour du lac Memphrémagog, dont l'acteur Donald Sutherland, ont acheté des photos d'Yves Tremblay.

Un client lui a même demandé de photographier du haut de son hélicoptère les 40 centres de conditionnement physique qu'il possède aux États-Unis. Même l'actuel maire de New York, Michael Bloomberg, lui a demandé de photographier son ranch.

L'été dernier, ce fut au tour de Raymond Tardif du journal Le Soleil de lui passer une commande spéciale dans le cadre des fêtes du 400e de la ville de Québec.

La photo publiée à la «Une» et montrant l'arrivée du célèbre bateau français «Belem» a tellement impressionné le premier ministre Jean Charest, qu'il en a commandé trois exemplaires agrandies à son auteur. L'une d'elles trône dans son bureau et les deux autres ont été présentées au président de la France, Nicolas Sarkozy, et au premier ministre François Fillon.

Voila qui n'a pas nui, non plus, dans la conquête du titre de photographe de l'année.

 

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