La ministre du Dévelop-pement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, a entre les mains un rapport de situation objectif et complet. Plus personne ne peut plus contredire le dernier opérateur sous bail, André L'Espérance, à l'effet que la station touristique n'est plus viable sur le modèle actuel.
La Société d'établissement de plein air du Québec (Sépaq n'a pas réussi à renverser la tendance depuis qu'elle a reçu du gouvernement un mandat de gestion intérimaire, qu'elle délègue à un mandataire privé. La saison d'octobre 2007 à mai 2008 a été déficitaire et la Sépaq a accepté pour la période du 1er juin 2008 au 30 mai 2009 un budget anticipant des pertes d'exploitation.
Orford est toujours dans le rouge bien que le prix du billet ait augmenté de 2 $ l'an dernier (de 45 à 47 $ et qu'une majoration semblable ait été appliquée à la billetterie cette année (49 $). La ponction de 2,25 $ par skieur proposée par le comité de relance ne vise d'ailleurs pas à ramener la station au seuil de la rentabilité. Elle représente la somme qui devrait être affectée spécifiquement au remboursement d'un prêt de 11 M $ pour défrayer une partie des coûts de modernisation des équipements.
C'est la quadrature du cercle: sans qualité, pas de skieurs. Sans investissements, Orford va continuer à péricliter, or il n'y a pas moyen de moderniser la montagne sans une tarification adaptée à cette réalité.
Dernier aspect financier, les revenus d'appoint que générerait un développement immobilier à l'extérieur du parc sont estimés au départ à 250 000 $ par année et grimperaient à 400 000 $ à compter de 2014. Par rapport aux revenus globaux de la billetterie, c'est peu mais il s'agirait d'un apport essentiel pour une relance durable.
Pour ce portrait indiscutablement crédible, auquel même la Coalition SOS Parc Orford a souscrit par la voix de son représentant Robert Benoit, le comité de parrainage mérite un A ".
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J'ai sursauté lors de la présentation en entendant un des consultants, Jacques Gagnon, faire référence à «notre client, le gouvernement».
Le mandat du rapport technique étant complété, le client, maintenant, c'est la région. À plus grande échelle, l'opinion publique québécoise. Cette masse qui, en bout de ligne, influencera autant le gouvernement Charest que les savantes recommandations du rapport écrit.
S'il y a «dérive du débat public», pour reprendre l'expression de M. Nicolet, c'est que l'on n'accorde pas suffisamment d'importance à ces clients et parce qu'on évite de tout leur dire.
L'unique question en suspens est de déterminer si la région fait front commun maintenant pour réclamer que les 459 hectares retirés du parc national reviennent dans le parc comme le réclame la Coalition SOS Orford. Si oui, cela pose un problème juridique pour le gouvernement qui devrait justifier des mesures d'exception à la Loi sur les parcs pour construire les «chaises de liaison» vers les développements immobiliers d'André L'Espérance et du projet Vertendre.
L'avantage à cet inconvénient, c'est qu'autant les autorités provinciales que locales trouveraient la justification d'agir dans le compromis économique, social et environnemental que même la Coalition SOS Parc Orford devrait défendre publiquement sans quoi elle serait taxée de mauvaise foi compte tenu de ses positions antérieures.
Au lieu d'orchestrer ce rapprochement, le préfet Nicolet préfère jouer à cache-cache: procédons aux aménagements prévus sur des terres publiques sans contraintes légales après quoi nous serons tous d'accord pour remettre les terres dans le parc, laisse-t-il entendre.
Administrativement et légalement, c'est effectivement plus simple, j'en conviens. Politiquement, par contre, c'est un autre bourbier. Les groupes d'opposition voient bien le subterfuge et continueront à prétendre qu'il y a manigance et manque de transparence.
La région s'en remet présentement à la ministre Beauchamp et au premier ministre Charest pour prendre les décisions «courageuses», quitte à devoir vivre un autre braquage. Ce chemin sinueux risque de mener à un autre blocage. Disons plutôt les choses telles qu'elles sont. Concrétisons les alliances stratégiques au lieu d'emprunter les détours juridiques.
Ça facilitera la tâche de notre client, le gouvernement.
Ça rendra la démarche crédible aux yeux des autres clients, les Québécois, à qui il faut expliquer clairement que le compromis pour sauver un centre de ski s'étant retrouvé par accident dans un parc n'est pas si cher payé.
Ce sera en même temps le prétexte pour les inviter à la montagne. Dans leur parc. Sans dérive possible.












