Et contrairement à ce qu'on pourrait croire, fait observer Soeur Yvonne Bergeron, de l'organisme Développement et Paix, la mauvaise alimentation n'est pas un problème réservé aux pays pauvres de l'hémisphère sud.
«Chez nous, illustre-t-elle, selon l'Association québécoise des banques alimentaires et des moissons, le nombre de familles qui ont recours aux banques alimentaires a augmenté de 22,4 % en 2007 à 30,6 % en 2008.»
«La nourriture est un droit fondamental», fait pourtant valoir Mme Bergeron, «et les règles du commerce international devraient prioriser la production locale pour répondre aux besoins des populations, au lieu de prioriser le rendement.»
La nourriture «ne peut être considérée simplement comme une marchandise commerciale, et la sécurité alimentaire ne doit jamais être livrée aux forces du marché», ajoute-t-elle.
C'est pourquoi elle affirme qu'il est «urgent de promouvoir des formules, des ententes, qui favorisent en priorité l'autonomie des agriculteurs, des paysans et des communautés locales dans le contrôle du système alimentaire».
Solutions possibles
Comme solutions possibles, évoque-t-elle, «les coopératives sont une de nos forces en Estrie» et peuvent donc représenter une partie de la solution. «Nous soutenons des approches proactives inspirées de la souveraineté alimentaire et du droit fondamental à l'alimentation», dit-elle, en reprenant les mots mêmes de la déclaration de la Conférence des gouvernements tenue à Rome en juin 2008.
André Nault, du Marché de solidarité régionale, abonde dans le même sens: «Il est temps de dire haut et fort que ce système (NDLR: d'agriculture à grande échelle) ne fonctionne pas (...)
Nous faisons face aujourd'hui à une tiers-mondialisation de l'agriculture ici même», dans un système «qui engraisse l'économie et appauvrit l'environnement».
Initiative type d'autonomie alimentaire, le Marché de solidarité régionale existe depuis 2006, et «il a généré 1 million $ en retombées aux producteurs régionaux depuis deux ans», souligne M. Nault, avec près de 1400 clients actifs.
La soirée du 24 mars, à la salle Fréchette de l'église Sainte-Famille, commencera par un souper où ne seront servis que des produits régionaux. Deux conférenciers, Frédéric Paré et Marie-Bernard Alima, donneront le ton aux discussions.
M. Paré est titulaire d'un baccalauréat en bioagronomie et d'une maîtrise en gestion et développement des coopératives. Il est coordonnateur à la souveraineté alimentaire à l'Union des producteurs agricoles. Mme Alima, docteure en sciences de l'éducation, travaille auprès des communautés du Congo.
La rencontre est organisée par l'Association coopérative d'économie familiale de l'Estrie, le Carrefour de solidarité internationale, Développement et Paix, le Service à la mission sociale du diocèse de Sherbrooke, et la Table d'action contre l'appauvrissement de l'Estrie. On peut réserver avant le 18 mars au 819-829-3822.











