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Mont-Orford: la ministre Beauchamp impose des conditions

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Mont-Orford: la ministre Beauchamp impose des conditions

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Line Beauchamp

Archives La Tribune, Frédéric Côté

Luc Larochelle
La Tribune

(QUÉBEC) La station touristique du Mont-Orford a donné lieu à plusieurs contorsions du gouvernement Charest au cours des dernières années, mais une intention reste ferme: pas question que Québec demeure propriétaire et répondant des équipements du centre de ski. Le plan de relance élaboré en région devra être adapté à cet objectif, a affirmé la ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, au cours d'un entretien avec La Tribune.

La formule de financement élaborée par le comité présidé par le préfet de la MRC Memprémagog prévoit une série d'investissements pour moderniser les remonte-pentes et le système d'enneigement. Ce scénario implique un prêt sans intérêt de 9 M $ du gouvernement sur 15 ans.

Ce cadre financier ne prévoit cependant aucun mécanisme de remboursement des 10 M $ que Québec a versés à l'ancien gestionnaire André L'Espérance pour le rachat des équipements de la montagne lors de la résiliation du bail d'opération. La région prend donc pour acquis que ces équipements demeureraient la propriété de l'État.

«Ça ne peut pas être le gouvernement qui reste propriétaire et qui se rend responsable des déficits appréhendés des premières années. C'était ça le début de l'histoire et ça ne peut pas être ça à la fin. Un certain modèle a été établi. Il manque un dernier morceau», cible clairement la ministre Beauchamp.

Cette dernière note dans le rapport Nicolet des progrès appréciables pour définir les attentes et les besoins de la région.

«Je suis assez d'accord avec le diagnostic posé: ce n'est pas vrai qu'on en fera une grande destination touristique internationale, mais ça ne va pas être uniquement non plus une station d'envergure locale. Un parc national est déjà un produit d'appel. La réflexion s'est étendue au parc, à la montagne de ski, au centre d'art, il y a un positionnement plus large de la région», perçoit-elle.

Sans se commettre sur les demandes pour le financement d'infrastructures totalisant 12 M $, la ministre Beauchamp les perçoit comme étant légitimes.

«Il est trop tôt pour vous confirmer quoi que ce soit mais à cet effet, non seulement nous pouvons, mais nous devons être partenaire dans les investissements connexes. Comme nous l'avons été ailleurs. Par contre,

en toute équité pour d'autres régions et pour les entreprises privées de l'industrie du ski, il faut trouver un modèle définissant qui va être propriétaire des équipements. C'est le bout de la démarche qui n'est pas complété.»

Cette exigence de Québec alourdira inévitablement les obligations financières du prochain gestionnaire ou propriétaire de la station touristique.

La ministre Beauchamp ne veut toutefois pas appliquer une pression qui risquerait de compromettre la relance.

«C'est une dernière phase de négociation qui nous appelle à la créativité, qui nous oblige à réfléchir encore, à établir une vision à plus long terme. Après ça, on trouvera des mesures de transition. Je suis prête à faire preuve d'ouverture et de patience. Nous n'irons pas en appel de propositions pour exiger un remboursement le lendemain.» D'autant qu'André L'Espérance s'est adressé aux tribunaux pour réclamer le double de la compensation qu'il a obtenue à ce jour.

«L'affaire est inscrite devant le tribunal, la cause doit être entendue au cours de l'année et nos procureurs préparent notre argumentation», se limite à dire la ministre Beauchamp.

Ce différend risque d'avoir une incidence sur un autre aspect du dossier. André L'Espérance est l'un des deux promoteurs privés ayant manifesté de l'intérêt pour une chaise de liaison qui relierait le domaine skiable à des terrains qu'ils possèdent à l'extérieur du parc. La station touristique retirerait des redevances d'un éventuel développement immobilier. M. L'Espérance a déjà fait savoir qu'il ne précipiterait rien.

La ministre Beauchamp se dit par ailleurs prête à défendre le passage de ces deux chaises de liaison dans le parc. «On ne jouera pas dans un film où l'on parlerait de la vente de parcelles du parc. Nous référons ici à une notion de

droit de passage ou quasiment de droit aérien. Je laisse les juristes examiner cela d'un point de vue légal. Moi, à la lecture de ce que je vois, suite à la résolution adoptée par la MRC, et à la lumière des réactions entendues jusqu'à maintenant, il m'apparaît que c'est une vision d'avenir faisant partie du consensus régional.»

Mme Beauchamp désignera sous peu un mandataire à qui elle confiera la responsabilité de travailler de concert avec les autorités régionales pour régler les questions en suspens.

 

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