Directrice générale du bureau coordonnateur (BC) Familigard'Estrie, Florence Garcia indique qu'elle a reçu des réclamations s'élevant à environ 395 000 $. «On a une quarantaine de responsables de service de garde en milieu familial qui ont logé une plainte à la CNT... On a 125 RSG au total. Notre facture est amenée à augmenter. Si toutes nos RSG logent des plaintes, on évalue les réclamations à 1,2 million $», commente Mme Garcia.
Créés en 2006, les bureaux coordonnateurs encadrent les centres de la petite enfance et les RSG en milieu familial. La CNT s'est tournée vers eux parce qu'elle les a identifiés comme étant les employeurs des RSG. Rappelons que deux lois adoptées par le gouvernement Charest, empêchant les éducatrices en milieu familial de se syndiquer, ont été déclarées inconstitutionnelles par un jugement de la Cour supérieure du Québec. Ce jugement a donc ouvert la porte à la syndicalisation de ces travailleuses.
Sylvie Prévost, directrice générale du bureau coordonnateur Carrosse-Citrouille, a reçu jusqu'ici des réclamations s'élevant à près de 384 000 $ provenant de 35 RSG. Mais le bureau en compte 140 au total. «Certaines ouvrent 10 heures par jour. Elles réclament 44 heures aux deux semaines de temps supplémentaire, les jours fériés, un pourcentage pour les vacances...» résume Mme Prévost.
Et pour la suite des choses? «On fait affaire avec l'Association québécoise des CPE (AQCPE); elle a un avocat qui nous représente. On l'a mandatée pour qu'elle nous représente au point de vue juridique afin de contester les demandes», explique-t-elle.
Les yeux sont maintenant tournés vers le gouvernement Charest, qui doit adopter une loi visant à définir le statut des responsables de service de garde en milieu familial et encadrant leur travail.
«On n'a pas l'argent pour payer ça», lance Odette Montcalm, directrice générale du CPE Les petits lutins de Drummondville. Le BC qu'elle dirige, aussi défendu par l'AQCPE, dispose d'un budget de 500 000 $ pour sa gestion; la gestionnaire fait cependant face à des réclamations de près de 800 000 $, et ce n'est pas fini.
«On croit bien que le gouvernement va régler ça. On ne pense pas écoper de la facture (...) On a bien hâte que le gouvernement sorte son projet de loi», souligne-t-elle en ajoutant que la situation n'est pas facile pour les RSG.
Présidente de l'Alliance des intervenantes en milieu familial de l'Estrie (ADIM), Marlène Carbonneau ne s'attend pas à ce que ses membres puissent toucher un chèque à court terme. «Ce qui est réclamé, c'est calculé en fonction du salaire minimum, ce sont des heures travaillées qui n'ont pas été payées», fait-elle valoir. Chose certaine, ajoute-elle, ce sont les travailleuses qui sont victimes de ces contestations. Elle estime que les réclamations peuvent varier entre 7000 $ et 14 000$ par RSG.










