En fait, ce que Johanne Beloin avait surtout le goût de raconter, hier, c'est à quel point elle et sa famille sont estomaquées par l'élan de générosité et de solidarité qui s'est emparée de la population d'East Hereford depuis cet incendie qui a complètement rasé leur maison située en plein coeur de ce village de 350 habitants.
«Il n'y avait personne dans la maison quand le feu a éclaté, souligne la mère de quatre jeunes garçons âgés de 16, 14, 13 et 4 ans. Mon mari et moi étions à une fête de famille à l'extérieur du village avec deux de nos garçons. Nos deux plus vieux garçons jouaient au baseball au village. On nous a avertis aussitôt que les gens ont aperçu les flammes, mais tout a brûlé tellement rapidement qu'on n'a rien pu faire.»
Le feu, que l'on relie à une défaillance du système électrique, a tellement donné de mal aux pompiers de Beecher Falls que ceux-ci ont dû se résoudre à faire appel à leurs collègues de Pittsburg et de Colebrook, au New Hampshire, afin d'en venir à bout.
Or, les flammes faisaient encore rage, poursuit Mme Beloin, lorsque, spontanément, l'aide s'est mise en branle aux quatre coins du village.
«Pendant que les pompiers étaient encore sur place, les joueurs de baseball arrêtaient les automobilistes qui passaient pour leur demander de faire des dons. À la fête où on étaient, mon mari et moi, les gens se sont mis à passer le chapeau. Dimanche, après la messe, des paroissiens ont tenu une collecte sur le perron de l'église. Il y a aussi eu un lave-auto en après-midi», énumère Mme Blouin pendant que son mari et ses fils s'affaientent autour des décombres.
«Et c'est sans compter tous les gens qui sont venus nous donner de la nourriture ou nous offrir leurs services, dit-elle. On ne pourra jamais assez les remercier.»
Aux nombreux dons qu'elle a reçus, la famille Vachon-Beloin a aussi eu le bonheur de se voir offrir un toit, gracieuseté de Normand Riendeau, un citoyens de Magog, qui leur a offert d'habiter la maison qu'il possède juste au côté de celle que possédaient les Vachon-Beloin.
«Il nous l'a offerte avant même qu'on ait eu le temps de lui demander. Vraiment, toute cette générosité, c'est inespéré, insiste la fille de feu Arthur Beloin, qui fut maire de la municipalité au milieu des années 1970. On savait que les gens d'ici étaient des gens fiers et généreux, mais quand ça nous arrive, on le réalise davantage.»










