De passage au sous-sol de l'église St-Patrice à Magog jeudi soir pour rencontrer des partisans libéraux, Michael Ignatieff a assuré qu'il souhaite que le «gouvernement travaille». Il a cependant rappelé avoir déclaré en juin que le travail des conservateurs était insatisfaisant.
Une de ses grandes priorités consiste en l'amélioration du «programme d'assurance-emploi pour tous les Canadiens». Or, il soutient que l'écart sur cette question entre son parti et les conservateurs demeure important.
«Il y a un million et demi de Canadiens qui ne travaillent pas. Je constate en me promenant dans le pays que les gens sont préoccupés par le chômage», lance M. Ignatieff, qui aime répéter que sa famille s'est établie dans le secteur de Richmond, en Estrie, après s'être enfuie de Russie.
Selon lui, les Canadiens sont nombreux à juger que Stephen Harper et ses troupes manquent de leadership. «Les gens cherchent un partenariat et un partenaire fédéral», affirme-t-il.
Devant la cinquantaine de partisans venus l'entendre jeudi à Magog, le chef libéral a soutenu qu'il faut se poser un certain nombre de questions pour évaluer le travail du gouvernement actuel. «Harper et son équipe sont là depuis quatre ans. Est-on plus riche maintenant? A-t-on plus de sécurité? Est-on plus fort? Le Québec est-il plus respecté?»
Si le taux de chômage le préoccupe, le déficit anticipé du gouvernement au terme de la présente année ne le rend pas plus à l'aise. «C'est grave un trou de 50 milliards $. On avait un surplus de 13 milliards $ lorsqu'on était au pouvoir», soutient-il.
«Vous méritez mieux que cette gestion faible, claironne-t-il. Ce n'est pas assez bon! On est au Canada et les Canadiens ont droit à plus que ça de leur gouvernement.»
Michael Ignatieff estime que l'économie canadienne est en voie de se restructurer en profondeur. Et, d'après lui, Stephen Harper n'a pas encore compris comment réagir à la situation.
«Nous dépendons trop de l'économie américaine. On doit aller chercher les touristes en Chine et en Inde. Il faut de nouveaux marchés et miser sur la science, la technologie et le savoir. On a surtout besoin d'ambition et Stephen Harper a abaissé celle des Canadiens.»
En compagnie du chef libéral, on retrouvait Denis Paradis, ancien député de la circonscription de Brome-Missisquoi. «J'espère qu'on en aura des élections à l'automne. Ce que je sens, c'est que Harper ne connecte pas avec le Québec. D'ailleurs, des conservateurs rallient notre parti», note celui qui briguera de nouveau les suffrages pour le PLC lors du prochain scrutin.













