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Ignatieff provoque une tempête à Thetford et Asbestos

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Ignatieff provoque une tempête à Thetford et Asbestos

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Michael Ignatieff

Imacom, Maxime Picard

Nelson Fecteau et Denis Dufresne
La Tribune

(THETFORD MINES) «Si l'industrie de l'amiante chrysotile n'a aucun avenir, M. Ignatieff n'a aucun avenir dans Mégantic-L'Érable.»

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Luc Berthold

Archives La Tribune

Le maire de Thetford Mines, Luc Berthold, a émis cette réplique cinglante après avoir pris connaissance de la déclaration de Michael Ignatieff, chef du Parti libéral du Canada, lors d'une conférence qu'il a tenue à l'Université Bishop en fin de semaine dernière.

M. Ignatieff a affirmé que l'industrie du chrysotile n'avait aucun avenir et que le Canada devait cesser d'exporter l'amiante chrysotile pour le bien de la planète.

«Je déplore le fait que M. Ignatieff ait pris le temps de m'appeler pour me dire qu'il avait été mal cité et qu'il allai s'informer alors qu'à deux pas de chez nous, il en rajoute. S'est-il informé auprès des producteurs de chrysotile ? S'est-il informé auprès de l'Institut du chrysotile ? J'en serais très surpris», de poursuivre le maire Berthold.

Ce dernier a dit déplorer que, pour aller chercher des votes à Vancouver, M. Ignatieff fasse de la politique sur le dos d'une région qui en arrache depuis des années. «C'est dégueulasse», a lancé Luc Berthold.

«Le chef libéral devrait prendre exemple sur le gouvernement de M. Harper et sur M. Harper lui-même qui a pris le temps de venir à Thetford Mines pour nous confirmer qu'il allait continuer de défendre l'utilisation sécuritaire du chrysotile. Il nous a aussi assuré qu'il défendra la position du Canada à Rotterdam pour éviter que le chrysotile soit inscrit sur la liste des produits dangereux. Tant et aussi longtemps que M. Ignatieff ne prendra pas d'engagements semblables, il n'a aucun avenir dans Mégantic-L'Érable», a conclu Luc Berthold.

Syndicat des Métallos

Pour sa part, le Syndicat des Métallos s'inscrit en faux contre les déclarations «irréfléchies» du chef libéral. Ce dernier s'est dit en faveur d'un arrêt de la production de Chrysotile en s'appuyant sur des études contestées, mentionne le syndicat dans un communiqué.

Le politicien aurait dû lire «au complet les études avant d'en tirer des conclusions aussi tranchées», lance le directeur du Syndicat des Métallos, Daniel Roy.

 

«Produit sécuritaire!»

Le Mouvement pro-chrysotile, tout comme l'industrie et les syndicats, dénoncent le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, qui a déclaré il y a quelques jours à Sherbrooke que l'amiante chrysotile n'a aucun avenir et que le Canada devrait se retirer de ce secteur d'activité.

"Une lettre sera envoyée cet après-midi (lundi) au gouvernement du Québec. Si le Québec veut défendre le chrysotile, il va falloir rappeler à M. Ignatieff que les ressources naturelles sont de juridiction provinciales et qu'il s'agit d'un produit sécuritaire!" affirme Serge Boislard, président du Mouvement pro-chrysotile.

"Le gouvernement du Québec a adopté en 2002 une politique pour une utilisation accrue et sécuritaire du chrysotile, appuyée par tous les partis politiques", souligne-t-il.

Le Mouvement pro-chrysotile regroupe les communautés d'Asbestos et de Thetford Mines, où se concentre l'industrie canadienne du chrysotile, qui génère encore plusieurs centaines d'emplois directs.

Lors d'une conférence à l'université Bishop's, vendredi dernier, Michael Ignatieff a déclaré que le Canada devrait cesser ses exportations de chrysotile en raison des dangers que ce minerai représenterait pour la santé, estimant que "c'est la science qui doit guider nos choix".

Il a ajouté que le gouvernement fédéral pourrait aider les régions de Thetford Mines et d'Asbestos à trouver une alternative à cette production et à recycler la main-d'oeuvre.

Les pays de l'Union européenne, tout comme d'autres pays, dont le Chili et l'Australie, ont banni l'utilisation de l'amiante chrysotile sur la base d'études - contestées par l'industrie - démontrant que ce produit peut causer le cancer.

Outre le Canada, les principaux pays producteurs d'amiante et de chrysotile sont le Kazakhstan, le Zimbabwe et l'Afrique du Sud.

 

Le marché du chrysotile canadien est surtout concentré en Asie où ce minerai est utilisé dans la fabrication de conduites et de toitures.

"Même si le Canada arrêtait de produire, pensez-vous que la Russie ou le Zimbabwe cesseraient aussi? En plus, c'est le Canada qui a l'expertise en sécurité!" s'insurge Serge Boislard.

Le président de Mine Jeffrey, Bernard Coulombe, est lui aussi en colère et juge que le chef libéral "se comporte en ignare".

"On lui a déjà envoyé de la documentation pour lui prouver que la science démontre que le chrysotile peut être utilisé de façon sécuritaire, alors que l'Europe utilise des fibres synthétiques à base de pétrole, mais ça ne l'intéresse pas! On n'a jamais eu de réponse", affirme-t-il.

"M. Ignatieff se comporte comme les Européens. Il y a un paquet de substances dangereuses mais lui, pour faire plaisir aux écologistes, il dit que le Canada doit cesser la production de chrysotile. Nous, on veut que la science prédomine et lui prouver que ça peut être sécuritaire", ajoute M. Coulombe.

Le maire d'Asbestos, Jean-Philippe Bachand, rappelle que son conseil municipal a adopté le mois dernier une résolution pour inviter Michael Ignatieff à visiter Mine Jeffrey, mais sans obtenir de réponse.

"Je trouve ça vraiment aberrant. C'est désolant que M. Ignatieff se serve de la science pour dire cela: autant inviter toutes les industries du Canada qui produisent des produits potentiellement dangereux à se trouver une alternative", déclare M. Bachand.

Le Syndicat des Métallos, qui représente les 400 travailleurs de l'amiante de la région de Thetford Mines, juge que "le grand intellectuel qu'il est aurait dû lire les études au complet avant de tirer de telles conclusions".

"Il n'est pas au pouvoir encore, mais ça augure mal! On l'invite à visiter les lieux de travail; les installations d'aujourd'hui n'ont rien à voir avec celles d'autrefois. Il faut cesser de dénigrer cette industrie", lance son directeur Daniel Roy.

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