Le RiboClub, un regroupement de biologistes qui se consacrent à la recherche sur l'acide ribonucléique (ARN), a décidé de faire les choses en grand pour souligner le 10e anniversaire de son colloque annuel, qui se déroule jusqu'à jeudi à l'hôtel Chéribourg, dans le Canton d'Orford.
«À Sherbrooke, nous sommes une centaine de chercheurs qui travaillent sur l'ARN. Nous regroupons 10 laboratoires des facultés de médecine, des sciences de la santé et des sciences de l'Université de Sherbrooke, avec cinq millions $ de fonds par année provenant de différents organismes subventionnaires», explique Jean-Pierre Perreault, professeur titulaire et directeur du département de biochimie de l'Université de Sherbrooke et directeur du Centre d'excellence de la biologie de l'ARN.
«Ils ont également accès au laboratoire de génomique fonctionnelle de l'Université de Sherbrooke, qui est unique au monde», dit-il.
«Avec le RiboClub, les gens viennent des quatre coins de la planète, c'est devenu un moteur scientifique et économique très important», ajoute M. Perreault, soulignant que l'événement se traduit par près d'un million $ en retombées économiques pour la région.
La plupart des scientifiques invités cette année proviennent des États-Unis, du Royaume-Uni et du Canada.
Hier, première journée du colloque, les participants - étudiants, enseignants et chercheurs - ont pu entendre plusieurs spécialistes de renom dans le domaine de la biologie moléculaire, dont Jack Szostak, du Harvard Medical School, Prix A.H. Heinekein pour la médecine 2008, et Phillip Sharp, du Massachusetts Institute of Technology, Prix Nobel de médecine 1993.
La seule présence du Dr Sharp témoigne de l'importance des colloques scientifiques du RiboClub.
«Je suis venu ici parce que j'ai été invité, bien sûr, mais aussi parce que cette communauté scientifique est très impliquée dans la recherche sur l'ARN, ses membres apportent beaucoup et je voulais leur dire combien ils sont importants», livre en entrevue le Dr Sharp.
«Les recherches sur l'ARN offrent des perspectives majeures pour le traitement du cancer et des maladies cardiaques, notamment. Les entreprises en biotechnologies commencent d'ailleurs à s'y intéresser», fait-il valoir.
Le RiboClub poursuit quatre objectifs principaux: aborder de nouveaux problèmes en biologie, former des étudiants de doctorat et au niveau postdoctoral, créer un environnement unique et riche pour la recherche et favoriser le réseautage entre chercheurs canadiens et étrangers.
Martin Bisaillon, professeur agrégé en biochimie à l'Université de Sherbrooke, souligne pour sa part l'importance de ce colloque pour les étudiants.
«C'est un petit congrès scientifique, alors ils peuvent rencontrer plus facilement des chercheurs renommés et échanger avec eux. On fait aussi beaucoup de réseautage pour les étudiants en fin de doctorat et, en plus, les étudiants présentent leurs travaux sur des affiches; nous en avons 130 cette année que tous peuvent consulter», illustre-t-il.
Le Centre de recherche clinique du CHUS remet d'ailleurs quatre bourses (2000 $, 1000 $ et deux de 500 $) aux étudiants dont les affiches sont jugées les meilleures.
«Chez nous, on est organisé comme dans un centre de recherche, d'où le nom RiboClub, c'est vraiment un travail de groupe», dit M. Bisaillon.











