Fini les piqûres accidentelles au CHUS

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Sasha Cardinal, chef en santé et sécurité au... (Imacom, Claude Poulin)

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Sasha Cardinal, chef en santé et sécurité au CHUS, et Christiane Gosselin, chef des soins à l'urgence de l'Hôtel-Dieu, se réjouissent de l'implantation au CHUS d'aiguilles à dispositif sécuritaire.

Imacom, Claude Poulin

François Gougeon

François Gougeon
La Tribune

(Sherbrooke) Le risque pour le personnel du CHUS de se piquer accidentellement sur une aiguille potentiellement souillée du sang contaminé d'un patient sera bientôt éliminé.

Cela fera suite à l'implantation graduelle et complète dans les deux hôpitaux de l'établissement d'aiguilles avec dispositif sécuritaire d'ici un an; une initiative d'envergure vraisemblablement unique au Québec, qui coûtera annuellement 184 000 $. C'est que le CHUS utilise plus de 650 000 aiguilles par année.

«Le risque (de piqûre) est réel. L'an passé parmi le personnel près de 200 piqûres ont été rapportées. Et c'est sans compter les cas qui ne sont pas déclarés pour toutes sortes de raisons. Chose certaine, en éliminant ce risque d'exposition des employés au sang contaminé, c'est une grosse amélioration dans les pratiques sécuritaires et ça évite des traumatismes et des frais pour le remplacement des absences », résume la chef en santé et sécurité au CHUS, Sasha Cardinal.

L'infirmier Mark Oliver, de l'Hôtel-Dieu, est en mesure de témoigner de la réalité, lui qui a été victime d'un tel événement voilà 20 ans. «Quand tu te piques accidentellement après être intervenu auprès d'un patient avec une aiguille, tu vis un gros stress. Ça fait longtemps et je m'en souviens très bien, avec tous les examens à passer, sans savoir si j'avais pas contracté une maladie, hépatite, sida ou autre... Ça crée aussi tout un stress dans la famille. Mais heureusement, il n'y a pas eu de conséquence fâcheuse dans mon cas», a indiqué M. Oliver.

Mécanisme de protection

Les différents modèles d'aiguilles avec dispositif sécuritaire, aussi bien pour les prélèvements, les actes intraveineux ou encore les accès vasculaires (chimiothérapie), disposent d'un mécanisme de protection après utilisation sur un patient, faisant en sorte qu'il est impossible de s'y piquer, soit par blocage ou avec une sorte de rabat-fermoir.

«C'est sûr que ça représente un changement dans les habitudes du personnel par rapport à l'aiguille traditionnelle et il faut une bonne formation pour une utilisation optimale. Mais dans le cadre de l'expérience pilote qui a été menée ces dernières semaines, le personnel est en général très satisfait de cette amélioration en matière de sécurité», soumet pour sa part la chef des soins à l'urgence de l'Hôtel-Dieu, Christiane Gosselin.

Même si cela entraîne une dépense additionnelle de près de 200 000 $ par année, le CHUS n'a pas hésité à aller de l'avant. Pas juste aux urgences et aux soins intensifs mais dans tous les départements.

«Le rapport coût/bénéfice montre un gain indéniable», soumet Mme Cardinal, même si ce n'est pas l'unique raison sur la sécurité du personnel. «Par exemple, l'an passé, à cause des risques de piqûres accidentelles, 24 travailleuses enceintes ont dû être retirées des urgences, avec toutes les complications et les frais que cela entraîne», a illustré cette responsable.

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