Parmi eux, Yvette Tanguay, la doyenne. À 87 ans fringants, elle vient encore donner un petit coup de main au Comptoir familial qu'elle a vu, et fait grandir depuis ses débuts.
«La quinzaine de bénévoles que nous étions au départ, dans un petit local du boulevard Saint-François Nord, est aujourd'hui devenue une centaine qui s'affaire sur les trois étages d'un bâtiment construit et agrandi depuis 1964, rue Bowen Nord», récapitule celle qui a occupé différents postes au sein de la corporation à but non lucratif, dont la présidence, de 1989 à 1995.
«Aujourd'hui, nous récoltons ce que les premiers ont semé», souligne Réal Bilodeau, bénévole depuis le tournant du siècle, en faisant un clin d'oeil empreint de gratitude à la dame.
Pour cette dernière, le Comptoir familial a d'abord été l'occasion d'occuper ses temps libres. «Mon mari, aujourd'hui décédé, refusait que je travaille, et mes deux filles allaient à l'école...» explique celle qui a vite pris goût au contact humain, créé au détour d'une allée du magasin autant qu'à la pause-café avec les collègues. Devenus la famille. «Je connais tout le monde, ce sont comme mes petits-enfants, s'exclame Yvette Tanguay. Ils réussissent bien, et j'aime venir les encourager à continuer la mission du Comptoir familial.»
Des clients nombreux
Une vocation d'entraide qui permet à plus de 40 000 clients annuellement de se vêtir à peu de frais - ils avaient été 6000 la première année - ou même gratuitement, par le comité de dépannage sur référence. «En 50 ans, c'est près de 50 000 $ en vêtements et autres nécessités que le Comptoir a donné à des personnes dans le besoin», signale Réal Bilodeau pour chiffrer cette dernière initiative.
Davantage encore, poursuit-il, le Comptoir a distribué quelque 750 000 $ à de nombreux organismes communautaires, grâce aux profits engendrés par la vente d'articles... à 25 sous, et jusqu'à une dizaine de dollars. Il faut que la population ait été généreuse de ses vêtements usagés, salue au passage M. Bilodeau.
Et les bénévoles de leur temps. Tous les bénévoles, et les administrateurs et employés aussi, insiste le duo, faisant rejaillir le présent honneur autour d'eux: «Nous sommes une équipe, c'est la raison pour laquelle ça roule bien.»
Tout le monde est d'ailleurs monté à bord de l'Orford Express, hier, pour un tour anniversaire.
Reste que le boulot ne manque pas dans la maisonnée. «Et quand je suis fatigué, un simple «Une chance que vous êtes là» d'un client suffit à illuminer le reste de ma journée, confie le retraité Réal Bilodeau, qui s'implique trois jours par semaine au Comptoir familial sherbrookois en plus d'en être le secrétaire. «Mais je n'ai pas beaucoup de mérite: je m'amuse ici», ajoute-t-il en souriant.
Le même sourire comblé apparaît sur les lèvres d'Yvette Tanguay notamment quand à l'esprit de famille s'ajoute celui des Fêtes et qu'«on offre des morceaux de gâteaux aux clients, autant qu'ils en veulent!»
C'est ça, la famille. On n'y compte pas les portions, ni les tours.











