Mais les crises économiques, actuelles et passées, les fluctuations du taux de change canadien-américain, les baisses de disponibilité des matières premières du côté québécois et les politiques restrictives du gouvernement américain sur le bois d'oeuvre ont considérablement miné les fondements de cette industrie et compromis l'avenir de plusieurs entreprises de ce secteur de l'économie.
Coprésident du projet ACCORD de l'Estrie (action concertée de coopération régionale de développement) et président du Service intégré du bois (SIB) de l'Estrie, le pdg de Scierie Tech de Lac-Drolet, Bruno Paradis, est formel: «Tous les joueurs du secteur du bois tirent sur la corde et c'est la même corde pour tous. Il y a peu de profitabilité actuellement. Ils bâtissent peu d'inventaires, car il y a trop d'incertitudes. Les analystes financiers ne prévoient pas de reprise palpable avant 2011!»
Â
«Chacun surveille ses dépenses, effectue des coupures, baisse ses approvisionnements, tout le monde se creuse la tête pour passer à travers cette période difficile. Il n'y a aucun projet de capitalisation, actuellement.»
Il trace un parallèle avec l'industrie de la confection, il y a un quelques années, quand la situation est devenue très difficile. Tout le secteur s'est effrité, les marchés se sont écrasés.
«Chacun a dû essayer de se trouver de nouveaux créneaux, de nouvelles niches pour passer au travers de la crise. C'est pareil pour nous... Le problème auquel nous devons faire face, c'est qu'il se construisait de 1,9 à 2 millions de maisons par année, aux États-Unis, il y a quelques années. Mais la crise financière fait qu'il ne s'en bâtit que 500 000 aujourd'hui», déplore M. Paradis.
«Autre problématique, il y a une baisse de la demande pour la fibre, dans le secteur des pâtes et papiers. Les copeaux produits par les scieries représentaient une source de revenus intéressante, ce qui n'est pratiquement plus le cas. Il y a donc un fort pourcentage des scieries, au Québec, qui sont déficitaires. Dans le reste de l'Estrie, ce sont plus des papetières, alors qu'ici, nous avons Tafisa Canada et nos scieries sont plus frontalières, plus proches des États-Unis, ce qui les avantage un peu.»
Par le biais du SIB, M. Paradis dit se préparer pour la reprise économique. Entre autres, il croit qu'il y aura une demande accrue pour les bois certifiés FSC (Forest Stewardship Council), une certification importante.
«Nous avons justement lancé un projet de commercialisation regroupant 10 entreprises formées en ce sens, pour ce qui est du marché du bois en général. Nous sommes les leaders au Québec pour le lancement de ces tendances. Puis un deuxième projet de 10 autres entreprises est en marche pour la commercialisation de leurs produits, avec étude de marché et plan d'action», confie le dynamique dirigeant de Scierie Tech.
Son entreprise a vécu un été difficile, elle qui se spécialise dans le pin blanc.
«L'automne et l'hiver s'annoncent meilleurs. Mais actuellement, les marchés appartiennent aux acheteurs, les industriels n'ont pas le beau jeu. Et en plus, les institutions financières nous supportent moins et se tiennent loin du secteur du bois. Il faut donc maintenir les inventaires très bas», conclut-il.
Â
















