Haïti: les blessés font place aux malades

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Le sergent Guy Bergeron... (Photo, Armée canadienne)

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Le sergent Guy Bergeron

Photo, Armée canadienne

Marianne Dandurand

Marianne Dandurand
La Tribune

(Sherbrooke) Lentement, les séquelles médicales du tremblement de terre en Haïti s'atténuent. À l'hôpital de Jacmel, où oeuvrent des membres de l'Équipe d'intervention en cas de catastrophe (connue sous l'acronyme anglais DART) de l'armée canadienne, les blessés laissent place aux malades, souvent chroniques.

Ce n'est pas une nouvelle réjouissante, les problèmes communautaires étant nombreux dans le pays le plus pauvre de l'Amérique avant la secousse. «Mais il s'agit d'une amélioration remarquable, estime le sergent Guy Bergeron, technologiste médical. Le fait qu'on ne voit plus de gens qui ont été blessés par le tremblement de terre est très bon signe. Les cas prioritaires ont été vus.»

 

Dès les premiers jours

Toutefois, rappelle le Sherbrookois d'origine, l'équipe militaire était sur les lieux dès les premiers jours après la terrible secousse du 12 janvier et avait pour mission de prodiguer les premiers soins aux innombrables blessés. «Nous sommes en processus de remettre les guides de l'hôpital aux organismes non gouvernementaux», souligne le sergent.

Le militaire et son équipe devraient être de retour au Canada à la mi-mars, après avoir passé deux mois à soigner les victimes du séisme. Le répit sera apprécié de la part de celui qui en est à sa 5e mission, après deux séjours en Bosnie et deux autres en Afghanistan. «C'est plus court que nos autres missions, mais c'était beaucoup plus intense. Nous avions moins de ressources disponibles et nous devions atteindre nos objectifs dans un très court délai. C'était un travail très exigeant», estime-t-il.

La mission était aussi différente des autres pour le Sherbrookois basé à Petawawa en ce sens qu'elle n'était pas dans une zone de conflit. Après avoir vécu la guerre en Afghanistan et avoir fait office de Casque bleu dans le conflit de Bosnie, il classe la mission en Haïti dans une troisième catégorie: une réelle mission humanitaire. «Ici, nous pouvions mettre complètement l'accent sur les soins de santé, en ayant moins à nous soucier de notre sécurité personnelle.» Ce qui a permis au DART d'être d'une efficacité remarquable.

Bien reçus

«Nous sommes bien reçus, la population locale vient nous voir à l'hôpital simplement pour nous remercier. C'est motivant.»

Oeuvrant dans un laboratoire, avec la charge de faire les analyses sanguines et les analyses d'urine, le technologiste médical n'a pas eu beaucoup de contacts avec la population à l'extérieur de l'hôpital. Toutefois, ses collègues ont pu lui dire qu'une nette amélioration était visible sur le terrain au terme de cette mission.

De retour au Canada, le sergent reprendra l'entraînement et son travail à l'hôpital militaire de Petawawa. Une promotion n'est pas exclue, «on ne sait jamais!» Quant à une prochaine mission, ça attendra un peu.

 

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