Santé: la communauté anglophone mal servie?

Les anglophones de la région parviennent-ils à dénicher des médecins qui... (Imacom, Claude Poulin)

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Isabelle Pion

Isabelle Pion
La Tribune

(Sherbrooke) Les anglophones de la région parviennent-ils à dénicher des médecins qui parlent anglais? Quels impacts ce problème potentiel peut-il avoir sur leur santé?

Des chercheurs de l'Université Bishop's, en collaboration avec des collègues de l'Université de Sherbrooke, tenteront d'en savoir un peu plus sur la question.

Que sait-on pour le moment?

«On ne sait pas grand-chose, répond Estelle Chamoux, professeure à Bishop's et chercheuse principale du projet. Les études qui existent ont été faites à la grandeur du Québec. Il y a la grande région de Montréal qui masque un peu les différences des régions: elle a beaucoup d'hôpitaux anglophones, une grosse population anglophone...»

Notre région a pourtant ses spécificités: la communauté anglophone est généralement moins éduquée, par exemple. «L'Estrie a vraiment une particularité et cette question des soins de santé est très importante et mérite d'être étudiée.»

Estelle Chamoux estime que les membres de communautés linguistiques minoritaires sont plus susceptibles d'éprouver de la difficulté à comprendre et à subir du stress s'ils n'arrivent pas à obtenir de l'information dans leur langue maternelle. «On pense que ça peut affecter la capacité de guérison et la façon dont les gens vont avoir envie de faire les visites de suivi.» On peut aussi imaginer, renchérit-elle, tout le stress subi par un patient anglophone qui reçoit un diagnostic de cancer et qui ne comprend pas bien le français... Et si on peut penser que les médecins sont capables de s'exprimer en anglais, ce n'est pas nécessairement le cas pour l'ensemble des intervenants du milieu de la santé. L'étude tentera aussi de déterminer si les grandes campagnes d'information ont un écho jusqu'aux citoyens anglophones. Le groupe de chercheurs a reçu une subvention de 100 000 $ des Instituts de recherche en santé du Canada pour évaluer l'accès aux soins de santé en anglais dans les Cantons-de-l'Est et analyser les conséquences sur la santé physique et mentale de la population anglophone. «On va faire un état des lieux et à partir de cela, on va proposer des recommandations», note Mme Chamoux, chercheuse affiliée au Centre de recherche clinique Étienne-Le Bel.


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