Comme partout au Québec, les policiers de l'escouade régionale mixte (ERM) de l'Estrie ont frappé chez les membres en règle des Hells Angels, les retraités, leurs relations et leurs sympathisants. En Estrie, ce sont 32 personnes, 152 prévues dans l'ensemble du Québec, qui ont été arrêtées dans le cadre de l'opération SharQc (Stratégie Hells Angels Rayon QuébeC).
Symbole de la présence des Hells Angels depuis 1984, le repaire de Lennoxville, comme tous les autres du Québec, est soumis à une ordonnance de blocage. Le Bureau de lutte au crime organisé (BLACO) a obtenu des autorisations judiciaires afin de tenter de prouver que le 1575 de la rue Wellington Sud à Sherbrooke sert de bien infractionnel et est utilisé comme produit de la criminalité. Le drapeau qui flottait sur le bâtiment a été l'une des premiers symboles saisis au cours de la longue journée de perquisitions.
On reproche aux personnes arrêtées des crimes commis de 1992 à 2009, allant de complot pour meurtres, aux meurtres, au trafic des stupéfiants, au complot pour trafic et à gangstérime. Amenés au quartier général de la Sûreté du Québec à Sherbrooke, les prévenus estriens ont pris la direction de Montréal où ils ont comparu par vidéoconférence au centre judiciaire Gouin en fin d'après-midi.
«L'objectif visé était de déstabiliser et paralyser l'organisation des Hells Angels au Québec. Nous voulions freiner l'infiltration des motards dans l'économie légale et récupérer les pertes fiscales reliées à leurs activités criminelles», explique le porte-parole de l'Escouade régionale mixte en Estrie, l'agent Martin Carrier.
En tout, c'est à une quarantaine d'endroits que les membres de l'ERM-Estrie, Service de police de Sherbrooke, Sûreté du Québec, Gendarmerie royale du Canada, Régie de police Memphrémagog et Service de police de Granby ont effectué des perquisitions. Une vingtaine d'adresses à Sherbrooke, en plus de Saint-Denis-de-Brompton, Ascot Corner,Victoriaville, Shefford, Chartierville, Coaticook, Magog et Stoke ont été visitées.
Les sites Internet du chapitre de Sherbrooke des Hells Angels ont été mis hors service mercredi au cours de l'avant-midi.
«En plus de procéder aux perquisitions de motos, de stupéfiants, d'argent et d'armes, nous avons saisi tous leurs symboles. Les vestes, bagues, les écussons et tout ce qui pouvait avoir un lien avec cette organisation de motards criminalisés ont fait l'objet de perquisitions. Sherbrooke possédait l'un des plus gros chapitres des Hells Angels au Québec», explique l'agent Carrier de l'ERM-Estrie.
La retentissante descente de mercredi est d'envergure comparable, sinon supérieure à celle de printemps 2001 où les membres en règle du chapitre de Sherbrooke avaient été épargnés.
«C'est à partir de la réflexion de cinq personnes qu'il a été déterminé que Printemps 2001 pouvait être élargi. Ce n'est pas parce que quelques têtes ont été coupées en 2001 que d'autres ne les ont pas remplacées. Aujourd'hui, nous portons un dur coup à l'organisation des Hells Angels, parce que presque tous ceux ayant ce statut ont été arrêtés», explique la procureure responsable du dossier au Bureau de lutte au crime organisé (BLACO), Me Madelaine Giauque.
En Estrie, l'Escouade régionale mixte veillera à traquer ceux qui souhaiteraient remplir le vide créé par l'arrestation du chapitre de Sherbrooke des Hells Angels.
«Nous avons pris les mesures nécessaires pour nous assurer de surveiller ceux qui voudraient remplir le vide créé par l'arrestation des Hells Angels et leurs relations», soutient le porte-parole, Martin Carrier.











