Et qui dit procédés humides dit avoir à portée de la main une chambre noire afin de traiter l'image sur la plaque lorsque celle-ci est encore humide. Au cours des dernières années, René Bolduc s'est construit un petit studio de développement mobile et a développé des combinaisons chimiques extraordinaires lui permettant de faire des ferrotypes comme à l'époque. Des étapes laborieuses
«C'est laborieux. C'est un peu comme l'ancêtre du Polaroïd. Je suis probablement le seul au Québec à faire ça», lance René Bolduc avant de sortir tout son arsenal de sa petite camionnette. À l'intérieur, il y a ici et là quelques bidons d'eau, des produits chimiques et des caisses de bois fabriquées de toute main par le photographe. «Il a fallu que je bricole tout ça moi-même. C'est une véritable chambre noire pour l'automobile», poursuit-il.
Une fois le sujet trouvé (un chantier de construction situé juste derrière le Marché de la gare), le moment est venu de déployer la caméra. Et pour utiliser cette belle d'autrefois, non seulement le trépied est-il obligatoire, mais le photographe doit se couvrir la tête d'un drap afin de bien cadrer son sujet.
«Avant d'en arriver à cette façon de faire de la photo, je me suis beaucoup intéressé aux lentilles anciennes. Il s'agit d'un appareil ancien grand format», dit celui qui fait de la photographie depuis le début des années 1980.
Uniques et antiques
Puis la préparation du support commence. René Bolduc enchaîne judicieusement les étapes de développement une à une, et ce, jusqu'à ce que l'image se révèle sur la plaque. «C'est une oeuvre unique puisqu'aucun négatif n'est produit. Il s'agit de l'image directe sur la caméra», précise-t-il en rinçant la photographie, soit un petit cliché aux tons sépia et noir au cachet si antique que l'on pourrait croire qu'il date des années 1850.
«Tout comme l'humain, le patrimoine possède un caractère éphémère et spontané. Je suis fasciné par les marques que le temps laisse sur l'homme et les choses, par les endroits en état de transition. Armé de ce médium et de tous les accessoires qu'il exige, je travaille présentement à la redécouverte du sud du Québec, de lieux connus et inconnus, à la recherche de l'éphémère, que je distille par la beauté de ce procédé vieux de 150 ans», explique M. Bolduc avec exaltation.
Mais avant d'en arriver là, le photographe a planché fort avant de trouver la formule magique. «J'ai mis beaucoup de temps à trouver ma voie, mais aujourd'hui, je peux dire que je l'ai trouvé dans une technique du passé. J'offre même mes services de portraitiste au collodion humide à ceux qui aimeraient vivre une expérience photographique peu commune», annonce-t-il.
Quant à la reconnaissance de son art par ses pairs, quelques collèges et musées l'ont déjà invité à donner des conférences sur la technique qu'il a mis au point d'après le photographe anglais Frederick Scott Archer. Ne reste plus qu'au public d'aller admirer l'effet unique, tantôt antique, tantôt actuel, de ses oeuvres.
Pour en savoir plus, visitez le www.renebolduc.com/. Et pourquoi pas en pleine action ce dimanche, 26 juillet, Au grenier de Gife, 330, Chemin de la rivière, à North Hatley.










