C'est parce que l'Estrie n'offre malheureusement pas de programme dans toutes les disciplines artistiques que le Conseil de la culture de la région a mis sur pied en 1999 un jumelage très formateur entre certains maîtres artistiques et la relève.
«Il s'agit d'un principe calqué sur le compagnonnage français, mais appliqué au domaine des arts», explique François Poirier, coordonnateur à la formation du Conseil de la culture de l'Estrie.
De la littérature aux arts visuels en passant par les arts de la scène, de jeunes apprentis s'embarquent chaque année dans une aventure qui les mènera à développer ou à approfondir leur travail en création, et ce, grâce au savoir-faire d'un artiste qui jouera, l'espace de quelques mois à temps complet, le rôle d'un mentor artistique.
«En 2007 et 2008, c'est la danse qui avait été choisie comme discipline pour le programme de compagnonnage. Cette année et l'année prochaine, le théâtre sera à l'honneur», précise M. Poirier en indiquant que deux projets seront retenus parmi toutes les candidatures reçues et que le compagnonnage se fait grâce au soutien d'Emploi-Québec et du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine.
Écriture dramatique ou scénique, recherche exploratoire en mise en scène, exploration dramaturgique et adaptation d'une oeuvre littéraire pour le théâtre, tout est possible pour les jeunes apprentis. «C'est une démarche qui amène à plein de possibilités, poursuit-il. On ne sait jamais où ça va mener. Il y a une foule de facteurs qui peuvent intervenir, sans compter que l'apprenti se perfectionne. C'est très ouvert.»
Échanges et partages mutuels
Compagnonne maître l'année dernière, alors que le programme se concentrait sur la danse, Brigitte Graff a accompagné le jeune Simon Durocher-Gosselin. Si le mentor est sorti grandi de cette expérience, Simon Durocher-Gosselin, lui, continue sans cesse de développer le projet qu'il a ébauché l'an dernier en sa compagnie en se produisant tout l'été dans plusieurs festivals aux quatre coins du pays.
«Son objectif était de pouvoir associer les arts circassiens avec la danse, dit-elle. Je l'ai accompagné personnellement dans tout son processus qui a mené à la présentation d'un work-in-progress lors de la journée internationale de la danse au Centre Jean-Besré. Et il continue dans cette voie-là maintenant.»
Artiste du cirque à l'origine, celui qui a toujours intégré la danse dans ses prestations a ainsi rendu son travail plus fluide et moins saccadé, tout en poussant encore plus loin sa recherche artistique. «L'idée était de rendre le tout plus organique», souligne Mme Graff, la tête encore pleine de bons souvenirs de la relation, voire de la complicité qui s'est installée entre les deux au cours de ce jumelage.
«J'aime quand il y a un réel échange. C'est très enrichissant pour les deux et comme j'aime les défis, j'ai pu l'aider à trouver des pistes et à trouver sa voie. Et comme Simon ne se limite pas et qu'il n'a aucune censure, il a développé son propre langage", confie Brigitte Graff en confirmant que le programme de compagnonnage demeure un incontournable en région. "Et le maître est autant mis au défi que l'apprenti. C'est au moment où on atteint cette essence dans la création que ça se passe réellement.»
Pour poser leur candidature, les jeunes amoureux du théâtre doivent présenter leur projet d'après certaines conditions. Pour consulter le document, rendez-vous au www.cultureestrie.org/formation/Appel_candidatures_compagnonnage.pdf/.










