Depuis dix ans qu'il joue les globe-trotters aux quatre coins du monde, jamais Yannick Daoudi est parti ou revenu d'une de ses expéditions sans soutenir une cause. Cette fois, il a choisi de faire un film dont les profits de la vente du DVD seront remis à un organisme non-gouvernemental (ONG) mongol qui oeuvre pour la cause des enfants-prisonniers. «Lors de mon séjour, j'ai visité la seule prison de la région. Les femmes et les enfants vivent dans des conditions horribles. Il n'y a pas de lumière, pas de planchers, les murs ne sont pas finis et il n'y a pas de ventilation. Comme j'essaie toujours de faire un partenariat lors de mes voyages, je me suis engagé à leur envoyer 1000 $ pour améliorer leurs conditions»
1000 $, ça correspond à la vente de 100 DVD au coût de 10 $. Ceux-ci seront disponibles lors des deux projections du film (en anglais), soit les 21 et 25 novembre à 19 h au Théâtre Centennial de l'Université Bishops. «Non seulement ce sera l'occasion pour moi de présenter mon film pour la première fois, mais l'occasion sera bonne pour sensibiliser les gens», admet-il en soulignant que l'événement coïncide avec la semaine de la justice sociale sur le campus du Collège Champlain et de l'Université Bishops.
Genèse d'une aventure peu banale
Depuis qu'il est tout petit, Yannick Daoudi n'a qu'une seule image représentative de liberté en tête: celle d'un film western où le cowboy, en solitaire, traverse des plaines à perte de vue au soleil couchant. Mais quand on a l'aventure dans le sang, difficile de faire ce voyage dans le far-west américain, l'ouest de l'Asie, c'est beaucoup plus... dépaysant! «Le nord de la Mongolie, c'est le wild west de l'Asie. Je pouvais difficilement espérer mieux.»
Seul, en compagnie d'un cheval pour porter ses effets personnels et d'un chien errant, il est ainsi parti. «Je savais très bien que s'il nous arrivait, à moi ou au cheval, c'était terminé, avoue celui qui refuse chaque fois d'apporter avec lui un GPS ou un téléphone satellite, au cas où. J'avais une boussole, une carte et tout ce qui me fallait pour tenir le coup pendant cinq semaines.»
Et en territoire nomade, l'occupation humaine se fait plutôt rare aussi. «J'ai croisé seulement trois villages. Il faut dire que dans cette région, 1,5 millions de personnes vivent sur un territoire trois fois gros comme la France. Quand je suis parti, les gens m'ont dit que j'allais sans doute revenir sans mon cheval, mais j'ai réussi.»
Alors que son défi était d'arri-ver à une source d'eau le soir venu, il a ainsi partagé son quotidien avec ses caméras photo et vidéo. «Filmer constitue aussi un défi en soi. Au début, je n'étais pas sûr de vouloir le faire. Finalement, j'ai décidé de m'inspirer de Survivorman, une émission d'aventure. Le résultat est un genre de journal de voyage vidéographique.»
Le montage à peine terminé, Yannick Daoudi envisage déjà d'envoyer son film dans les grands festivals nationaux et internationaux de film d'aventure. «C'est tellement original comme traitement. Je n'ai jamais entendu parler d'un film comme ça aupa-ravant!»
À défaut de pouvoir assister à la projection de Taïga Quest, il est possible d'acheter le DVD et découvrir les plus récentes expéditions de Yannick Daoudi en visitant le www.postcardsfromtheedge.com/. Son prochain rendez-vous avec l'aventure: décembre 2010, alors qu'il descendra la rivière Gambie, au Gambie, à bord d'un raft.










