C'est qu'entre le théâtre et la musique, ses deux passions, Isabelle Gosselin baigne aussi dans le conte. Sans oublier que la musique tzigane est littéralement marquée par son apprentissage du violon qu'elle a débuté dans les classes de l'école Sacré-Coeur, de Mitchell-Montcalm, puis au Cégep de Sherbrooke. "Je me souviens d'avoir entendu une pièce hongroise vers l'âge de neuf ans et tout de suite, j'ai fait wow! C'est comme si je l'avais en dedans de moi", confie-t-elle simplement.
Musique originale
Rencontre fortuite entre un texte et une comédienne, c'est Rita Lafontaine qui lui a d'abord proposé de monter César et Drana lors d'un atelier de théâtre, à Montréal, l'année dernière. Il n'en fallait pas plus pour qu'Isabelle Gosselin s'approprie la pièce et pour qu'elle s'y investisse corps et âme. Comment? En composant littéralement toute la musique.
"Dans la didascalie, il est écrit musique tzigane. À l'origine, l'auteure n'exigeait pas de la comédienne qu'elle soit musicienne. J'ai décidé de donner une autre couleur très pertinente au texte en composant aussi la musique. C'est une chance pour moi d'avoir cet atout-là", avoue-t-elle en toute humilité.
Conte de la vie bohémienne
Du Québec à la Géorgie en passant par la République tchèque et la Slovaquie, la pièce d'Isabelle Doré, une résidente de Racine, continue ainsi son épopée sur les planches aux quatre coins du vieux continent, et ce, dans plusieurs langues. Aussi nomade que son personnage principal, César et Drana n'a pas manqué de séduire au passage les spectateurs de l'est européen.
"Isabelle a mis deux ans de recherches dans ce projet. Elle a même lu quelque part que ceux qui écrivent sur les Roms ne sont pas des Roms", affirme l'autre Isabelle, la comédienne, en rappelant que la tradition bohémienne est essentiellement orale. "Celle-ci peut être trafiquée par les Roms eux-mêmes pour ne pas que les autres découvrent leurs coutumes", ajoute celle qui présentera cette production aux diffuseurs en arts de la scène, à la Bourse Rideau, au mois de fé-vrier.
Alors que Drana lèvera le voile sur son mode de vie bohémien, l'interprète, elle, continuera de faire voyager, autant que faire se peut, le portrait d'une femme plus grande que nature.










