"L'égoïsme bienfaisant" de Catherine Chénard

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Catherine Chénard et l'un de ses élèves, Jhon... (Imacom René Marquis)

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Catherine Chénard et l'un de ses élèves, Jhon Freddy, s'amusent ferme avec un bernard-l'ermite qui trouve refuge dans cette classe d'accueil de l'école Marie-Reine. Un moyen parmi d'autres qu'utilise l'enseignante pour entrer en relation avec ses élèves qui viennent des quatre coins du monde.

Imacom René Marquis

Geneviève Proulx

Geneviève Proulx

(Sherbrooke) Ils sont 19 dans sa classe et ont autant d'histoires différentes. Des vécus qui serrent le coeur, qui ont amené chez certains des retards d'apprentissage, des difficultés profondes d'adaptation. Ils viennent d'Afghanistan, du Pakistan, de la Colombie, d'Irak, entre autres. Ils ont fuit la guerre, ont vécu dans des camps de réfugiés ou ont fait de la rue leur maison. Maintenant, ils peuvent espérer que leur avenir soit plus rose bonbon que noir, gracieuseté de Catherine Chénard, enseignante en classe d'accueil à l'école Marie-Reine.

Tout droit arrivée du Bic, cette enseignante de 27 ans aime dire que "Sherbrooke m'a accueillie, c'est à mon tour d'accueillir les enfants venus d'ailleurs." Et c'est sans l'ombre d'un doute que l'on peut affirmer qu'elle réussit ce défi haut la main!C'est un véritable coup de coeur que Catherine Chénard a eu pour ces enfants. "Ils sont sensibles, faciles à toucher. Ça ne leur prend pas grand-chose pour être heureux. Des fois, j'allonge la récréation de cinq minutes et pour eux, c'est comme le cadeau du siècle, comme si je leur donnais 100 $ chacun. La collaboration des parents est aussi exceptionnelle. Ils nous portent une confiance importante. Pour eux, l'éducation occupe une place pri-vilégiée dans leurs valeurs. Tout ça, ça nous pousse énormément comme prof", croit celle que les élèves appellent madame Catherine.

Pas toujours simple la vie d'enseignant en classe d'accueil. Ses élèves ont de 6 à 12 ans et composent avec des degrés d'apprentissage différents. Certains ne parlent pas encore le français. "Mais ces enfants veulent tellement que ça nous motive. Par contre, ça reste un gros défi. Seulement au niveau de la langue. Quand ils arrivent ici, ils ne parlent pas français. Moi, je parle l'anglais, l'espagnol, mais pas le dari ou l'arabe! Alors, on travaille avec des photos. Mon appareil-photo est devenu un outil de base dans mon enseignement", explique-t-elle.

Parce que lorsqu'on enseigne à des enfants aux difficultés multiples, il faut savoir se retourner sur un dix sous. "Je n'ai pas le choix d'agir rapidement. Mais je prends quand même le temps d'analyser, de réfléchir à ce que je peux apporter aux élèves. Si je suis heureuse, ils le seront aussi. J'appelle ça de "l'égoïsme bienfaisant".

Et puis, c'est toujours avec un grand sourire que Catherine Chénard voit l'un de ses protégés intégrer l'enseignement régulier. Mais elle refuse complètement de s'accorder tout le crédit. "C'est un grand travail d'équipe. La direction, l'orthopédagogue, les pa-rents travaillent tous dans le même sens. Je ne suis pas seule là-dedans."

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