À l'origine, tout les sépare. Depuis le début du XVIIe siècle, le piano règne en roi et maître sur l'orchestre, la musique de chambre et les sonates. À l'opposé, le vibraphone, un instrument de la famille des familles des xylophones, fait résonner des airs de jazz depuis les années 1920. Aujourd'hui, voilà qu'ils s'unissent, de façon osée, dans un répertoire classique."Dans la plupart des cas, nous avons dû adapter les morceaux que nous avons choisis parce que le vibraphone n'existait tout simplement pas à l'époque où les pièces ont été écrites, explique la vibraphoniste Marie-Josée Simard. Mais comme Marie [Fabi] est une spécialiste des sonates et de la musique de chambre, j'ai donc tout de suite pensé à elle pour ce projet."
Sonate pour flûte et piano de Poulenc, Sonatine pour violon, op. 100 de Dvorak, Sonate pour violon en fa majeur, op. 8 de Grieg et Sonate No 4 pour flûte de Bach, les deux musiciennes ont ainsi remplacé l'instrument qui accompagne le piano par le vibraphone, tout simplement.
Premiers pas musicaux
"Notre but, c'est d'adapter le tout de façon tellement crédible qu'on ait l'impression que la pièce a été écrite pour ce duo. Il faut aller chercher ce que le compositeur veut, l'univers dans lequel il souhaite nous transporter. C'est notre travail de faire ça en tant qu'interprètes", lance Marie Fabi avec passion en rappelant l'importance des signes sur une partition. "Le compositeur l'a bien écrite, alors c'est à nous de voir et de comprendre ces phrases et ces émotions."
Originaire de Sherbrooke, Marie Fabi a fait ses premiers pas musicaux chez les soeurs Jésus-Marie auprès d'Irène Ducharme, mieux connue sous le nom de Soeur Paul Omer. "C'est elle qui m'a initiée et qui m'a transmis le goût de la musique", reconnaît-elle. Aujourd'hui, après avoir donné des concerts au Canada comme en Belgique, en Espagne et aux États-Unis, elle accompagne plusieurs orchestres de musique de chambre, tout en donnant des cours privés.
"Le piano, c'est mon premier amour. Il a tellement de voix, tellement de possibilités dans son timbre. Je suis ancienne, je dirais. J'aime explorer les sonorités traditionnelles. Pour moi, le piano reste un instrument intemporel", tient-elle à souligner.
Contrairement au piano, dont les lettres de noblesse ne sont plus à faire, Marie-Josée Simard a dû se battre pour que son instrument soit reconnu. "Je n'ai jamais voulu me priver d'interpréter le beau répertoire classique et je ne cacherai pas qu'il y a eu des embûches, dit celle que l'on considère comme une pionnière du vibraphone et du marimba au Québec. Avec des duos comme ceux que j'interprète avec Marie, il y a une fusion, un mariage entre le piano et le vibraphone... classique."
Le disque Simard & Fabi-Vibraphone-piano est disponible sous l'étiquette XXI.











