SEMAINE QUÉBÉCOISE DE LA DÉFICIENCE INTELLECTUELLE

Acteurs de leur vie

Marie-Ève Roy (à l'avant), Julie Desruiseaux, Nicholas Bachand... (Imacom Jocelyn Riendeau)

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Marie-Ève Roy (à l'avant), Julie Desruiseaux, Nicholas Bachand et Guillaume Lauzé ont tous participé, dimanche dernier, au spectacle de variétés Hommage au cinéma, organisé par l'Association de Sherbrooke pour la déficience intellectuelle.

Imacom Jocelyn Riendeau

Amélie Boissonneau

Amélie Boissonneau

(Sherbrooke) Dans la cour d'école, les méchants mots fusent trop souvent. Parfois même, ces paroles dures continuent d'hanter les déficients intellectuels devenus grands.
Il y a ceux qui ne comprennent pas, mais surtout, il y a ceux qui comprennent, épaulent, soutiennent, encouragent,
permettent de franchir les barrières et d'atteindre des sommets. Cette semaine, dans le cadre de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle, La Nouvelle vous fait découvrir des personnes qui sont atteintes de déficience intellectuelle et qui, tous les jours, excellent. Travaillent. Réussissent. Nous vous présentons aussi des initiatives mises sur pied à Sherbrooke pour mener ces personnes vers leurs rêves.

Dimanche midi, sur le parterre du Théâtre Granada, la frénésie était palpable. Pour la septième année consécutive, l'Association de Sherbrooke pour la déficience intellectuelle (ASDI) présentait son spectacle annuel de variétés. Au programme, un Hommage au cinéma préparé par des jeunes adultes pleins de talents et du pop corn pour tout le monde!Certes, ils ont une déficience intellectuelle, mais rien ne les a empêchés de faire leur cinéma... sur les planches. Alors que la troupe Nouitou a présenté des saynètes de films, d'autres ont chanté et certains ont même jonglé.

Stressés de faire un spectacle? Pas du tout, puisque de l'avis même des participants, ensemble, tout est possible. Au fil des préparatifs, chacun d'entre eux a mis du sien pour donner un bon spectacle. Et quelques minutes avant d'entrer en scène, certains avaient déjà hâte de recommencer l'année prochaine...

Pour plus d'information sur les activités de l'ASDI, visitez le www.asdi-org.qc.ca/.

Sur les planches pour la première fois

"Nous avons tellement travaillé. Je connaissais mon texte par coeur! J'aime le théâtre et je ne suis pas stressée", souligne-t-elle avec beaucoup d'enthousiasme. En plus de jouer, elle apprécie particulièrement les moments passés avec les autres membres de la troupe Nouitou. "Ça aide d'être avec les autres. J'aime partager ça avec eux", poursuit-elle.En plus du théâtre, à 20 ans, Marie-Ève Roy poursuit ses études secondaires à l'école Montcalm. Une journée par semaine, c'est au Centre de la petite enfance le Bilboquet qu'elle donne aussi de son temps. "Ah, il sont tellement cute. J'adore les enfants", reconnaît celle qui espère d'ores et déjà faire partie de du prochain spectacle de l'ASDI.

Donner, parce que ça fait du bien!

Rendre des gens heureux, voilà ce qui le motive le plus. "Ma paye, c'est de savoir que les gens que j'aide vont manger à leur faim, dit-il. Moi, je suis choyé de ne pas me soucier de ça."Seul en appartement depuis deux ans maintenant, le jeune homme a vite développé ses propres habitudes. "J'aime mon indépendance. Ma soeur a dû me donner des cours de cuisine, mais à part ça, je suis totalement autonome!"

Et entre deux jours de bénévolat, c'est la chanson qui occupe la tête et le coeur de Guillaume Lauzé. "J'adore la musique. Je joue souvent de la guitare et je chante. C'est moi qui anime les partys de famille", déclare celui qui participe depuis deux ans au spectacle de variétés organisé par l'ASDI.

Chanter comme dans un rêve

Depuis plusieurs années déjà, la jeune femme chante partout où elle peut: dans sa chambre, avec son ancien copain et dans une chorale. Ce n'est que récemment que l'occasion de chanter en public s'est présentée."J'ai fait partie du spectacle de fin d'année du Centre Notre-Dame de l'Enfant et, depuis, je chante partout quand je peux. Chanter m'a permis de briser ma gêne et de m'ouvrir au monde qui m'entoure."

Lorsque qu'elle ne chantonne pas, Julie Desruisseaux travaille. "Je gagne des sous et je peux me permettre quelques gâteries, souligne celle qui habite en chambre dans une pension. Je suis bien!"

En fait, elle voit dans le travail beaucoup plus qu'un gagne-pain. "Partager, pour moi, c'est gratifiant", affirme celle qui trouve autant de plaisir à travailler qu'à chanter.

L'art du cirque... et celui d'animer les enfants

Chaque vendredi, à la garderie La Cigogne, non seulement le jeune homme donne-t-il un coup de pouce aux tâches quotidiennes mais souvent, il a la chance de partager sa passion avec les enfants. "Je fais de l'animation et ils aiment beaucoup ça. Je leur montre à jongler, je les aide. Le mieux, c'est de voir leurs visages quand je mets des assiettes chinoises dans leurs mains! Ils les tiennent et ils m'imitent à jongler", indique-t-il.Par ailleurs, après avoir jonglé seul, il a préparé un numéro avec une autre personne de son groupe du Centre Notre-Dame de l'Enfant. "C'est un défi de le faire avec quelqu'un", admet-il en rappelant qu'il ne pourrait pas se passer de l'art du cirque dans son quotidien.

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