Avant que Joelle Nolin ne fasse le grand saut dans le monde musical, plusieurs années se sont écoulées. Aujourd'hui, ce n'est pas un, mais bien deux projets musicaux qui la tiennent bien occupée. Et avec Innervoice, c'est son côté, disons, introspectif qui est davantage mis en valeur. "Je suis vraiment timide. Je compose et je joue depuis 1994. Mais ce n'est qu'en 2006 que je me suis décidée à faire quelque chose avec ça", admet-elle. Au fil des ans et de quelques expériences scéniques ponctuelles, le plaisir de monter sur les planches s'est peu à peu imposé... "Sur scène, je ne suis pas gênée du tout!"Si elle s'accompagne à la guitare, c'est Mathieu Bureau-Meunier, lui aussi guitariste, qui ajoute sa touche aux sonorités purement folk d'Innervoice. "C'est lui qui ajoute de la fioriture musicale à mes idées, souligne-t-elle avec beaucoup de reconnaissance. Je joue de la guitare, mais ma force, ce sont les paroles."
Et pour ceux et celles qui pensent que ce projet solo se situe à des années lumières de Blame Adrianne, il existe pourtant une forte ressemblance entre les deux: l'émotion. "Ça se ressemble beaucoup en terme d'intensité. Je gratte fort et il y a beaucoup d'émotions", explique celle qui songe éventuellement à intégrer d'autres choristes et peut-être même un violoncelle à ses arrangements et qui s'inspire beaucoup de Jorane, mais aussi de plusieurs autres formations francophones comme les Prototypes, Vulgaires machins, Karkwa, Keith Kouna et la Patère rose.
Souffrance dite et écrite
Traduction littérale de voix intérieure, ce n'est pas par hasard que Joelle Nolin a choisi de s'appeler Innervoice. "J'ai choisi ce nom par rapport aux thèmes que j'exploite et parce que j'écoute justement mes voix profondes et intérieures pour écrire et pour m'extérioriser, souligne celle qui écrit beaucoup et pour toutes sortes de raisons. Je le fais aussi pour me souvenir", ajoute-t-elle.
Quels sont ses sujets de prédilection? "La souffrance et la douleur, lance-t-elle sans hésitation. J'aime les contrastes, c'est pour ça que j'écris en anglais plutôt qu'en français. Chanter dans une autre langue me donne l'impression de me protéger du monde extérieur. C'est peut-être pour ça aussi que j'ai choisi le folk qui est plus intime et plus introverti. C'est plus calme, mais aussi chargé d'émotion. En fait, ça peut paraître cliché, mais les chanteurs sont bien souvent des boules de sentiment à fleur de peau dans un groupe, alors c'est ce que je suis."
Entre le mixage du prochain album de Blame Adrianne, dont la sortie est prévue cet automne, la chanteuse poursuit ce qu'elle a commencé il y a plusieurs années de cela. "Innervoice prend beaucoup de place en moi et j'envisage de continuer à me développer", conclut-elle en invitant les gens à visiter sa page Myspace (www.myspace.com/innervoice1) ou encore à se procurer son démo chez Musique Cité.











