Pourtant, on répète sans cesse que les plus instruits obtiennent un meilleur salaire. Du moins, voilà l'un des arguments de l'économiste et conférencier Pierre Fortin."Lors des conférences, j'énumère les avantages à demeurer aux études plus longtemps. Le salaire moyen est plus élevé. Les diplômés se sentent aussi plus satisfaits, utiles socialement et parfois même plus innovants!" explique le professeur émérite de l'Université du Québec à Montréal.
Ce dernier constate qu'à l'école primaire, on remarquerait déjà une énorme différence concernant le comportement des filles et des garçons.
"Dans la cour d'école, les filles forment un rond et parlent beaucoup, alors que les gars grimpent dans les arbres et sont plus actifs. Pour eux, on le sait, il est plus difficile de rester assis pendant de longues minutes. Les garçons ne s'identifient pas à l'école à cause de tout cela, sauf ceux qui pratiquent une discipline sportive ou un autre loisir", avance Pierre Fortin.
Les jeunes hommes seraient donc reconnus comme étant de vraies petites pestes à l'école. Les filles demeuraient quant à elles plus calmes en classe. La situation n'a pas changé, selon l'économiste.
"Les garçons auraient intérêt à étudier davantage et à être plus disciplinés", avise-t-il.
Heureusement, la communauté donne aujourd'hui un meilleur soutien aux élèves.
"Les employeurs embauchent moins de jeunes lors de la période scolaire. Avec le programme de conciliation études-travail, on incite notamment les garçons à demeurer plus longtemps sur les bancs d'école", croit celui qui prône aussi la valorisation de l'effort.
Parlons argent
Le Centre interuniversitaire sur le risque, les politiques économiques et l'emploi (CIRPEE) a révélé récemment quelques statistiques plus qu'intéressantes.
Si les garçons peuvent s'intéresser plus rapidement à l'argent que les filles, voici plusieurs chiffres qui pourraient les convaincre de miser sur les études plutôt que sur le décrochage et les emplois à salaire minimum.
Selon le CIRPEE, un Québécois gagnerait près de 450 000 $ de plus dans sa vie s'il obtient au moins son diplôme d'études se-condaires.
Le CIRPEE explique tout cela par le fait qu'en 2008, le revenu salarial moyen du titulaire d'un DES fut de 33 000 $.
Sans diplôme, le travailleur a pour sa part gagné 26 000 $. L'avantage financier annuel que procure le diplôme est donc de 7 000 $.
On multiplie ce chiffre par 45, soit le nombre moyen d'années de vie active, on ajoute des augmentations de salaire et on obtient ainsi ce gain de 450 000 $. Toute la communauté en profiterait ensuite d'après le CIRPEE.
De quoi convaincre un jeune garçon en quête de richesse et de liberté de demeurer à l'école, finalement.












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