Comme j'ai passé toute ma vie au contact avec la jeunesse dans le merveilleux monde de l'éducation, je garde la conviction que nous avons, malgré toutes les apparences, une belle jeunesse. Bien entendu, l'emphase est souvent mise sur la délinquance et les déviances d'une toute petite partie de cette jeunesse.J'assistais la semaine dernière à la présentation théâtrale de jeunes animée par la Coalition sherbrookoise pour le travail de rue au Théâtre Louis Saint-Laurent. Plus d'une trentaine de jeunes y ont donné une performance extraordinaire avec des textes à vous faire vibrer les émotions jusqu'au plus profond de l'être.
Wow!!! Personne n'a pu repartir de cette soirée en restant indifférent à ce qui avait été présenté. Réalisme, vérité, douleur, tristesse, joie, humour quand même et espoir d'une vie meilleure. Les jeunes ont tout simplement besoin de lieux et de moments pour s'exprimer mais encore plus d'oreilles pour les écouter. Les grands-parents ou les aînés ont la chance d'être disponibles pour ce faire. J'ai souvent entendu des jeunes raconter que leurs confidents préférés étaient justement les grands-parents avec qui ils établissaient une belle complicité toute empreinte de respect et d'empathie.
À la Maison des grands-parents de Sherbrooke, nous vivons régulièrement des activités intergénérationnelles qui témoignent de cette dimension importante de relations pleines de sens. À bas les préjugés des deux côtés. À bas les jugements sévères qui démotivent les jeunes. Nos jeunes ont besoin de courage pour se battre et se faire une place dans ce monde impersonnel et ingrat qui ne fait pas de quartier.
J'aimerais aussi parler d'une autre expérience qui se vit dans notre organisme et qui se veut une véritable concertation entre les jeunes et les aînés. Un groupe de jeunes étudiants en service social de l'Université de Sherbrooke travaillent avec nous à faire la promotion de la pièce de théâtre Visite du Petit Prince chez les aînés que nous allons présenter en mai prochain dans la communauté et dans une école de notre quartier.
Ces jeunes en formation ont déployé toute leur énergie à bâtir un plan de communication structuré et dynamique pour mousser la publicité de notre projet. Au cours de plusieurs rencontres de planification, nous avons collaboré à leur projet d'études et en retour, ils nous ont produit des documents impeccables. Quand on prétend que les jeunes ne savent pas écrire, il faudra réviser ce jugement. Nos rencontres ont été aussi un prétexte pour échanger sur nos perceptions mutuelles.
On pourrait témoigner de plusieurs autres activités de concertation de ce genre qui se vivent dans notre communauté. Des jeunes et des aînés en quête de sens, le sens de la vie, leurs visions respectives sur le présent et l'avenir. Tout est une question de disponibilités de temps pour se mettre en mode "oreilles à l'écoute". Les aînés que nous sommes, malgré parfois des agendas remplis, nous avons un pouvoir sur le temps.










