Ici, à Sherbrooke, ce sont Marie-Christine Lessard, Pascale Gagné et Johanne Royer qui sont derrière l'organisation de la marche qui prendra son envol sur les coups de 10 h en face du Marché de la gare.Marie-Christine Lessard peut témoigner de la difficulté de trouver quelqu'un qui veuille bien déposer son foetoscope sur sa bédaine afin de s'assurer que ce qui s'y passait était réglo. "J'ai une cousine qui était suivie avec une sage-femme et dès que je suis tombée enceinte, je savais que c'était un suivi comme ça que je voulais. Malheureusement, tout était complet", se rappelle celle qui donnera naissance à son premier poupon dans les prochains jours.
Mais on lui a quand même offert un suivi de grossesse pour les 28 premières semaines au Centre de maternité de l'Estrie (CME). Le hic, c'est qu'on ne pouvait pas lui assurer qu'elle pourrait mettre son enfant au monde avec une sagefemme.
"J'ai donc dû avoir un suivi avec un médecin en parallèle au cas où. Je ne savais pas où j'accoucherais. Ça amène du stress et un dédoublement des services. Et puis, ce n'est pas si simple de se trouver un médecin. Finalement, une place s'est libérée et je pourrai accoucher au Centre, mais c'est triste que le malheur des unes fasse le bonheur des autres", dit celle qui s'occupe des activités de Sage-Famille au CME.
En effet, si une place s'est libérée permettant ainsi à la future maman de mettre son enfant au monde avec une sage-femme, c'est qu'une autre mère a eu soit des complications nécessitant un transfert vers le monde médical, soit qu'elle a perdu son bébé
Pascale Gagné, la représentante des usagères du CME au Comité des usagers du CSSS-IUGS, s'est retrouvée face au même problème. "Même si j'avais donné naissance à mes deux premiers enfants ici, j'ai failli ne pas pouvoir le faire pour le troisième. C'est une fausse-couche qui m'a permis d'avoir une place. Ce manque de places amène la pratique illégale du métier de sagefemme. "
En effet, des futures mères qui ne voudraient pas avoir un suivi en milieu hospitalier pour diverses raisons se retrouvent donc devant deux choix, donner naissance seule ou recourir à une sage-femme qui pratique illégalement.
"À Montréal, les listes d'attente pour les maisons de naissance contiennent plus de 1000 noms! On aurait besoin de trois nouvelles maisons là-bas. Ce n'est pas juste que toutes les Québécoises n'aient pas accès à ces services", s'indigne Johanne Royer, l'une des sages-femmes de Sherbrooke.
En Estrie, la demande commence à se faire sentir pour qu'une maison de naissance ouvre à Magog. Selon une étude effectuée en 2005, 24 % des futures mères voudraient accoucher en maison de naissance ou à la maison. À ce jour, elles ne sont que 2 % à pouvoir le faire. Selon le Regroupement des sages-femmes du Québec, 36 nouvelles maisons de naissance devraient voir le jour aux quatre coins du Québec pour répondre aux besoins et quatre fois plus de sages-femmes.
Selon elle, la solution pour désengorger les services médicaux serait de laisser aux médecins les cas nécessitant un suivi plus serré et de laisser les autres aux sagesfemmes.
Pour appuyer la campagne "Le droit de choisir", on se rend au http://www.csn.qc.ca/web/csn/ petition-sages-femmes-2010/.












