«Ma plus grande satisfaction, c'est que j'ai pu contribuer à ce que les gens de l'Université réalisent que c'est une université extraordinaire, d'avoir révélé son potentiel. Le développement de l'Université, ce n'est pas moi qui l'ai fait. Ce que j'ai pu faire, c'est d'être un catalyseur.»
Depuis l'arrivée de M. Béchard au rectorat en 2001, l'UdeS a quadruplé ses activités de recherche, augmenté de 24 % l'effectif étudiant et elle vient tout juste d'inaugurer son campus de Longueuil. Et pourtant, plusieurs s'étaient montrés sceptiques face aux visées du recteur alors âgé de 36 ans.
À une semaine de la fin de son deuxième mandat, Bruno-Marie Béchard se prépare maintenant à partir en voyage avec sa famille. Au cours de la prochaine année, il étudiera le développement des universités en Asie, mais il se paiera aussi le «luxe» de passer du temps avec sa femme et ses trois fils, âgés de 8, 11 et 13 ans.
«J'ai un de mes fils qui est né en mandat. Déjà, mon deuxième, je le connais moins que mon premier. Puis, mon troisième, je n'ai jamais pris une journée seule avec lui. Il faut le faire!» lance-t-il en soulignant qu'on ne peut être aussi présent sur toutes les tribunes sans avoir à faire des sacrifices.
Celui qui a été nommé récemment «Grand Estrien 2009» profitera donc des prochains mois pour laisser libre cours à sa passion des voyages. Il en est à son 380e vol et affirme avoir ralenti la cadence ces dernières années. L'Europe n'a plus trop de secrets pour lui, l'Amérique du Nord s'avère un dossier réglé... Une âme de globe-trotter, M. Béchard?
«C'est vraiment caractéristique, pour plusieurs raisons. Ce qui me fascine dans la vie, c'est la différence, la diversité. Mettez-moi dans une salle avec 100 Bruno-Marie, et je trouverais ça plate à mort! Ça a conditionné toutes mes réflexions dans la vie, même professionnelles. Si j'ai été un pas trop pire recteur, c'est en grande partie parce que j'ai su m'entourer d'une équipe très diversifiée...»
La différence l'attire. Côtoyer différentes cultures et faire des découvertes lui donnent l'impression d'être un citoyen plus compétent, lance-t-il.
Le recteur Béchard n'est pas non plus l'homme à tout planifier. Moins on planifie, plus on est ouvert à toutes les possibilités, fait-il valoir.
Jusqu'ici, jamais il n'a eu de plan de carrière. «Je n'essaie surtout pas de planifier l'avenir. Si j'avais eu un chemin tracé, il n'aurait jamais inclus d'être recteur à 36 ans!»
Ne lui demandez donc pas ce qu'il fera à son retour d'Asie: les possibilités sont nombreuses. Cet ingénieur pourrait tout aussi bien poursuivre dans cette voie, puisque c'est un domaine où il est resté actif. Il pourrait aussi travailler comme professeur ou à titre de conseiller, notamment avec les connaissances qu'il développera sur le milieu universitaire en Asie... «La seule chose qui peut m'éteindre, c'est d'être quelque part où je n'ai pas le sentiment d'être utile à la société.»
isabelle.pion@latribune.qc.ca
Repères
Originaire de Laval.
Marié à Maryse Boudreau, également ingénieure.
Père de trois fils de 8, 11 et 13 ans.











