Pour quelques-uns, la réponse est claire et nette: il faut s'allier à Québec solidaire et tout faire pour faire disparaître l'ADQ. Certains militants souverainistes semblent croire que leurs électeurs vivent encore à Saint-Henri. Beaucoup de temps a passé depuis les années 60 : le centre de gravité s'est déplacé vers les banlieues.
Le «vrai monde» a un travail rémunérateur et suffisamment de programmes sociaux pour mener une bonne vie. Peu connaissent la misère. Ne leur parlez pas de transport en commun; ce qui les intéresse, ce sont les crédits d'impôt sur l'achat de voitures moins polluantes.
S'allier à Québec solidaire, ce serait se tirer dans le pied pour le PQ. Si on compare les résultats de ce parti, on se rend compte qu'il n'y a pas vraiment de différence entre l'actuelle et la précédente élections. QS a recueilli moins de 4 % des voix, comparativement à l'ADQ qui, bien qu'en chute libre, en a recueilli plus de 16 %.
Une alliance PQ-QS pourrait faire perdre au Parti québécois ses électeurs centristes et plus conservateurs, sans pour autant convaincre les solidaires de voter pour lui. Qu'on se le tienne pour dit : la majorité des électeurs se trouve au centre.
Lundi dernier, l'ADQ a rassemblé plus de quatre fois plus d'électeurs que Québec solidaire. C'est là que se trouve l'électorat à séduire. Le PQ doit donc prendre ses distances du parti d'Amir Khadir et faire preuve d'ouverture face aux adéquistes et à ceux qui ont voté pour eux. Le PQ pourrait notamment consentir à accorder à l'ADQ le statut de parti reconnu au sein du Parlement. Cette gentillesse pourrait pousser certains députés adéquistes à se joindre finalement à leurs adversaires.
Quant à Québec solidaire, le PQ devra recourir à la méthode du «cordon sanitaire». Cela consiste à éviter toute mention dans les médias du parti visé et à s'interdire toute collaboration au sein de l'Assemblée avec ce dernier. Avec un peu de chance, les électeurs de Mercier finiront par s'en lasser et éliront un député péquiste, à moins qu'Amir Khadir, ennuyé, n'ait déjà quitté l'Assemblée nationale.
Le projet de souveraineté dont le PQ se fait le porteur est né au sein du nationalisme québécois et doit y reprendre racine. Au cours des dernières années, l'Action démocratique de Mario Dumont a défendu des idées nationalistes novatrices qui ont su rassembler nombre d'électeurs, pendant que Québec solidaire s'entêtait à défendre les accommodements raisonnables. Le Parti québécois doit donc faire preuve d'audace en ressuscitant le Camp du changement, ce rassemblement qui pour la première fois a mené le projet souverainiste au seuil de la victoire le 30 octobre 1995.
Maxime Schinck
Étudiant en politiques appliquées
Université de Sherbrooke












