Récemment, la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, annonçait la création d'un fonds de soutien aux aidants naturels. Ce fonds sera géré conjointement par le gouvernement et par une fondation privée, celle de la famille Chagnon. Un projet de loi en ce sens est actuellement à l'étude à l'Assemblée nationale. Tout cela m'embête un peu.
Tout d'abord, loin de moi l'idée de dénoncer l'apport d'investisseurs privés à la société. Des donateurs privés, il n'y en aura jamais assez. Et du soutien pour les personnes proches aidantes, il en manque cruellement.
Mais voilà, les CLSC et les organismes communautaires qui soutiennent déjà les aidants naturels ont de la difficulté à offrir des services adéquats. Ils manquent de ressources. Alors, pourquoi créer une nouvelle structure qui aura des objectifs semblables? Ceci ne fera qu'augmenter le fouillis dans les services offerts et la difficulté pour les personnes proches aidantes qui héritent du fardeau de trouver les ressources en faisant la queue successivement aux divers « guichets «.
J'ai aussi de la difficulté à comprendre pourquoi notre gouvernement en vient à se laisser dicter ses choix. Parce que c'est bien de cela qu'il s'agit: une fondation privée investit 50 millions $ (contre 150 millions $ pour le gouvernement), mais elle gérera paritairement les fonds et elle impose que la grande majorité des montants serve aux gens aux prises avec l'Alzheimer. Ce sont des entrepreneurs privés qui vont décider des services à donner, comment et à qui?
Sans nier les besoins bien réels des personnes atteintes d'Alzheimer, pourquoi y consacrer absolument 75 % des fonds quand on sait que des milliers de personnes proches aidantes recueillent à la maison une personne venant de subir une intervention chirurgicale, une personne en phase terminale désirant mourir à domicile, une personne handicapée, etc.?
(...je crois que le soutien aux personnes proches aidantes est d'abord une responsabilité de l'État (et que celui-ci devrait adopter une politique de soutien des personnes proches aidantes qui (contiendrait plus de services de soutien psychologique, des services de répit et de dépannage, plus de services à domicile et un meilleur soutien financier.
Hélène Gosselin
Membre de l'AREQ
Sherbrooke










