J'aurais toutefois souhaité qu'il ait l'honnêteté de me citer correctement dans sa lettre ouverte parue dans le journal La Tribune du 25 juin 2009. Si j'ai effectivement parlé de coupes du gouvernement Harper à la SRC, j'ai aussi mentionné du même souffle qu'elles signifiaient «un manque à gagner de 171 millions $ au budget 2009-2010». Pour moi, ce manque à gagner constitue bel et bien une compression budgétaire à un point tel qu'elle force la SRC à effectuer 800 mises à pied et à supprimer de nombreuses émissions, dont le bulletin d'information du midi à la télévision en Estrie.
Je rappelle à M. Paradis que la SRC demandait et demande toujours de pouvoir diversifier ses sources de financement en obtenant entre autres des redevances sur les abonnements aux compagnies de câblodistribution. Radio-Canada veut aussi obtenir un financement pluriannuel, ce qui lui permettrait de gérer de façon plus efficace son budget. Des demandes qui sont jusqu'à maintenant demeurées lettre morte de la part du gouvernement Harper.
S'il est vrai que la crise que traverse la SRC comme les autres télévisions généralistes n'est pas que la faute du gouvernement fédéral, l'inaction de ce dernier met en danger l'atteinte des mandats de Radio-Canada. Son collègue au cabinet, le ministre du Patrimoine, James Moore, reconnaît le rôle crucial de la SRC. Il serait temps que ces belles paroles se traduisent en gestes concrets.
Depuis quelques semaines, les Ami-e-s de Radio-Canada en Estrie, dans la foulée de la campagne nationale «Je suis, nous sommes pour un service public de qualité» font circuler une pétition qui demande essentiellement qu'on accorde à Radio-Canada un financement stable et pluriannuel. Ils demandent un réinvestissement massif de la part du gouvernement fédéral afin de retirer la SRC/CBC de la guerre des cotes d'écoute.
Si Christian Paradis veut apporter une contribution tangible, il pourrait commencer par faire ce qu'ont fait ses collègues députés de la région et signer cette pétition. Il joindrait de nombreux parlementaires au pays qui, au-delà des belles déclarations ont concrètement manifesté leur attachement à Radio-Canada. L'appui à Radio-Canada dépasse toute partisannerie politique comme le démontre une résolution votée unanimement le 10 juin à l'Assemblée nationale du Québec.
Monsieur le député-ministre, dans les prochaines semaines, vous serez invité comme tous vos collègues de la Chambre des communes à signer la pétition et à cesser de jouer les gérants d'estrade.
Jean Lacharité, président
Conseil central des
syndicats nationaux de l'Estrie (CSN)










