En effet, Chantal Daigle est une héroïne. Cette jeune femme de 21 ans ne voulait pas donner naissance à un enfant engendré par un homme violent, son ex-conjoint Jean-Guy Tremblay. Au risque d'emprisonnement et de 50 000 $ d'amende, elle a défié une injonction de la Cour supérieure lui interdisant de se faire avorter.
L'histoire de Chantal Daigle, hautement médiatisée, a fait les manchettes au Québec et partout au Canada pendant plusieurs semaines en été 1989. Cette femme courageuse est à l'origine d'un des plus grands rassemblements démontrant la solidarité féminine - plus de 10 000 personnes se sont réunies dans les rues de Montréal pour manifester pour le droit des femmes et pour le droit de choisir de poursuivre ou non une grossesse.
Dans le jugement Tremblay c. Daigle rendu le 8 août 1989, le juge en chef Dickson a déclaré que «forcer une femme sous la menace d'une sanction criminelle à mener un foetus à terme à moins qu'elle ne satisfasse à des critères sans rapport avec ses propres priorités et aspirations est une ingérence grave à l'égard de son corps et donc une violation de la sécurité de sa personne».
Souligner les 20 ans de ce jugement, c'est souligner le courage de Chantal Daigle dans ce combat - et sa victoire - ainsi que celui de toutes les femmes qui doivent encore défendre leurs droits. Le choix d'interrompre une grossesse n'est pas facile et nécessite une réflexion longuement mûrie, quelle que soit la raison.
Depuis ce jugement, il y a 20 ans, plusieurs projets de loi ont été déposés afin de baliser ou d'interdire de pratiquer des avortements. Le droit à l'avortement est toujours menacé.
Johanne Bilodeau
Collectif pour le libre choix
Sherbrooke










