Il y a quelques années, le CBC avait produit une étude sur les moteurs économiques du Canada dont les résultats encourageaient les gouvernements fédéral et provinciaux à développer une stratégie d'investissement orientée vers les neuf villes centres du Canada dont la prospérité bénéficierait à tout le reste du pays.
À titre de président du Caucus des municipalités locales de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), j'avais réagi à la publication de cette étude et manifesté ma volonté que soit aussi mesuré l'apport économique des communautés rurales dans l'économie nationale.
Aujourd'hui, je suis heureux que l'apport des communautés rurales dans l'économie québécoise soit mieux documenté. L'étude du CBC démontre que les communautés rurales sont un moteur important de l'économie québécoise. Elle nous apprend même que la part du monde rural dans l'économie québécoise a augmenté au cours des 15 dernières années!
Nous avons tous été surpris par les résultats, car c'était la première fois qu'une telle étude était entreprise. Personne ne croyait que l'économie rurale avait une telle importance relativement au produit intérieur brut PIB global. En effet, la contribution des communautés rurales en incluant les effets indirects représente 30 % du PIB global.
Ces effets indirects sont calculés à partir d'une empreinte économique effectuée par Statistique Canada, laquelle a établi à 1,48 l'effet multiplicateur du monde rural sur l'économie du Québec. Ceci veut dire que chaque dollar de PIB provenant du monde rural contribue à 1,48 dollar du PIB de l'ensemble du Québec. Chaque dollar contribue donc à 0,48 dollar d'activité économique additionnelle. Ainsi, le PIB des territoires ruraux, qui se chiffrait à 47,4 milliards de dollars en 2006, contribuait à 22,5 milliards de dollars du PIB du territoire urbain, lequel était estimé à 194 milliards de dollars en 2006. En ce qui concerne l'emploi, le monde rural, qui compte 848 600 emplois, concourt à en soutenir 369 300 autres dans les centres urbains au Québec.
Voilà des données qui illustrent, sur le seul plan économique, la portée de la complémentarité entre le milieu rural et le milieu urbain. Pour bâtir des communautés durables et assurer l'avenir de la société québécoise, il sera nécessaire de renforcer les liens ruraux urbains.
L'étude nous révèle des faits qui, dans plusieurs cas, défont des mythes associés au monde rural notamment que la population rurale est en chute, que les personnes délaissent les centres urbains, mais que les emplois y demeurent, etc. Enfin, la ruralité n'est pas un tout uniforme. Il n'y a pas une ruralité, mais des ruralités. Aussi, une partie du discours public associé aux communautés rurales doit être renouvelé pour changer les perceptions et pour tenir compte de la réalité de plusieurs d'entre elles.
Cette étude est importante et les résultats alimenteront la réflexion en cours sur l'occupation dynamique du territoire. Au-delà des données et des constats, elle souligne avec justesse les défis que les municipalités devront relever, notamment en matière de rétention des résidants et d'attraction des nouvelles populations.
En conclusion, une économie rurale florissante assure bien plus que le bien-être des résidants des communautés rurales. Elle se veut en fait un autre moteur économique pour l'ensemble du Québec!
Jean Perras
Maire de Chelsea
Président du Caucus des
municipalités locales de
l'Union des municipalités du Québec
NDLR: Le président du Caucus des municipalités locales de l'Union des municipalités du Québec, Jean Perras, signe cette lettre d'opinion à l'occasion de la troisième Journée de la ruralité, qui se tiendra jeudi à Acton Vale. Ce rendez-vous organisé par le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire est l'ocasion de discuter des défis du monde rural.











