L'histoire débute le 4 mai dernier. Avides d'aventure, les deux jeunes hommes, sacs à dos aux épaules, ont entamé l'ascension de Little Haysack, dans le but de grimper ensuite les monts Lincoln et Lafayette situés à proximité dans le cadre d'une expédition qui devait durer une semaine.
Dès le départ, le périple a toutefois pris une tournure imprévue. Mal renseignés par les panneaux de signalisation, les deux scouts de longue date se sont rapidement perdus au beau milieu de la nature. Au lieu de faire l'ascension de Little Haysack, ils se sont retrouvés en pleine forêt du mont Lincoln avec de la neige jusqu'aux genoux et une végétation dense. Épuisés, ils ont pris la décision de camper pour la nuit avant de reprendre la route le lendemain. Une décision qui aura finalement été salutaire pour le disparu.
Après avoir gravi le Lincoln, les deux amis d'enfance ont choisi de redescendre par Little Haysack. En cours de route, ils ont été interceptés par des secouristes qui les ont avisés qu'ils étaient à la recherche d'un homme âgé de forte corpulence perdu depuis trois jours. Même s'ils ont écouté avec attention les informations des sauveteurs, les deux excursionnistes n'avaient pas l'intention de fouiller le mont de midi à minuit.
«On leur a dit qu'on allait garder l'oeil ouvert, même si on croyait que l'homme était probablement déjà mort puisqu'il n'avait pas donné signe de vie plus tôt», a indiqué Louis Denhez.
Une heure plus tard, ils ont entendu des cris provenant d'un peu plus loin sur le sentier. À leur arrivée, ils ont aperçu un homme dans un état physique critique armé comme seul outil d'un bâton de marcheur, mais toujours conscient et cohérent.
L'ex-Sherbrookois, qui habite maintenant Claremont, au New Hampshire, leur a rapidement expliqué qu'il avait été emporté par une avalanche et qu'il avait perdu tout son équipement, même ses bottes. Il avait d'ailleurs utilisé ses sous-vêtements et ses manches de chandail pour se fabriquer des chaussons de fortune.
Le jeune Denhez lui a prêté son manteau d'hiver et, comme les téléphones cellulaires étaient inutilisables à cet endroit, il a pris l'initiative de descendre jusqu'au chalet d'accueil situé à un peu plus de deux kilomètres afin d'aller chercher des secours.
Pendant ce temps, Michaël Tourigny a tenté, tant bien que mal, de remplacer ses lambeaux de linges par des vêtements secs en plus d'allumer une chandelle et de lui donner à manger et à boire. «Ce n'est pas évident de prêter des vêtements à quelqu'un qui pèse 100 livres de plus que toi. J'ai fait ce que j'ai pu pour lui remplacer son linge humide», a-t-il expliqué.
À son arrivée au pied de la montagne, Louis Denhez a été accueilli par une vingtaine de secouristes qui s'apprêtaient à arpenter le mont à l'aide de chiens pisteurs. Il leur a indiqué dans quel état était l'homme et où ils pourraient le trouver. Le Victoriavillois a escorté les secouristes jusqu'à l'endroit où se trouvait l'égaré. Arrivés à destination, ils l'ont placé sur une civière et lui ont prodigué les premiers soins, ils lui ont notamment donné des comprimés pour stabiliser un diabète.
À leur retour au pied du mont, Denhez et Tourigny ont été accueillis par une poignée de journalistes américains. Ils ont donné des entrevues à CBS, FOX et à quelques quotidiens du New Hampshire.
«Nous étions considérés comme des héros et on trouvait ça un peu drôle parce que c'est tout à fait par hasard que nous sommes tombés sur le disparu. Nous étions à la bonne place au bon moment et c'est tant mieux pour lui», a affirmé Louis Denhez, confirmant qu'il y avait bien peu de chance que quelqu'un d'autre croise son chemin dans l'heure suivante vu le faible achalandage de la montagne à ce moment de l'année.
Épuisés physiquement de leur escapade mouvementée, les deux aventuriers ont plié bagage après deux journées bien remplies.










