Ce chiffre a été dévoilé mardi par la Coalition régionale estrienne contre le tabac de contrebande qui rendait public à Sherbrooke une étude menée au printemps dernier à proximité de cinq écoles secondaires du territoire sherbrookois en cueillant des mégots dans des cendriers publics et en les identifiant selon leur provenance.
Ce sont les étudiants de l'école Montcalm qui remportent la palme dans cette étude : 33 pour cent des mégots trouvés à cet endroit provenaient du marché de la contrebande, a révélé Michel Gadbois, vice-président de l'Association canadienne des dépanneurs en alimentation en croisade pour abolir le marché illégal du tabac.
Dans cette étude commandée par l'organisme et ayant permis la collecte de près de 15 000 mégots à proximité de 75 écoles dans neuf villes au Québec, les écoles de Sherbrooke s'en tirent toutefois relativement bien puisque seules écoles de l'Outaouais et Trois-Rivières arrivent avec un pourcentage moindre dans les mégots ramassés et classés comme provenant de cigarettes illégales. Les écoles de Châteauguay (en raison de leur proximité des réserves indiennes) arrivent en tête de liste de cette étude : 86 pour cent des mégots ramassés près des écoles secondaires de cette ville ont été classés comme provenant du marché de la contrebande.
Une étude semblable menée par La Tribune au printemps dernier dans une dizaine de sites à Sherbrooke avait donné des résultats en disant déjà long sur la contrebande de cigarettes: sur près de 1000 mégots, plus de 43 pour cent avaient été classés comme provenant de cigarettes illégales.
M. Gadbois indique que ce phénomène est grandissant non seulement à Sherbrooke, mais également dans toutes les villes du Québec et il y a lieu de s'inquiéter pour l'avenir des jeunes.
«À 1 $ le paquet, les cigarettes illégales sont moins chères que de la gomme 'baloune'», dit-il, ajoutant que les jeunes se font une fierté d'acheter ces cigarettes et même d'en vendre.
«Quand on vend déjà des cigarettes illégales, il ne reste plus qu'un pas à franchir pour se lancer dans la vente de mari».
Cette situation préoccupe aussi plusieurs associations et organismes; à l'Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec (AMDEQ), Yves Servais soutient qu'au moins 200 dépanneurs par année ferment leurs portes au Québec à cause du manque à gagner que cause la contrebande de cigarettes.
Au dernier décompte, le Québec affichait quelque 8000 dépanneurs.












