"Cette récession est une gracieuseté des républicains", claironne un panneau publicitaire de campagne électorale à l'entrée de la municipalité de 2600 habitants au nord du New Hampshire, non loin de la frontière avec le Québec. "L'économie est l'enjeu le plus important de la campagne. Les républicains nous ont mis dans le trou. C'est le temps du changement", résumait hier après-midi Bob Baker, en brandissant des pancartes au centre de Colebrook avec d'autres militants démocrates, sous les encouragements des klaxons des automobilistes.
"Pourquoi le changement? Les huit dernières années de Bush n'ont pas marché. Avec Obama, ça va montrer qu'on est un peuple d'immigrants", fait valoir Greg Lewis, un homme de 56 ans qui l'accompagnait, au coin de Main Street et Park Street. "Je n'ai jamais fait ce que je fais aujourd'hui. J'ai toujours voté républicain avant!"
"Obama est rassembleur. Il écoute", ajoute Betty Keller, venue du Vermont pour appuyer le groupe. Avec eux, des étudiants de l'université montréalaise McGill agitent des pancartes. Ils sont là grâce à la Fondation Jeanne-Sauvé pour la jeunesse, note Giovanni Gabassi, d'Italie. "J'aime le discours multilatéral d'Obama", dit-il. "Obama est très diplomate", estime sa camarade de McGill, Clarece Reis, Brésilienne d'origine.
"C'est la jeune génération", laisse échapper un homme de 69 ans qui passe dans les parages, John Pierce, en compagnie de son ami Walter Pike, âgé de 72 ans, qui se déplace à l'aide d'une marchette. "McCain mérite d'être le président. Je vote pour le plus vieux, moi... Je vote toujours pour l'homme et non le parti".
"Mais la présidence, estime-t-il, c'est trop gros pour une seule personne... Avez-vous vu le film W sur George W. Bush? Il est tout seul pour prendre ses décisions..."
Qui va gagner? avons-nous demandé non loin de là à Christie Schooner, commis de beignerie. "C'est Obama, d'après ce que j'entends", répond-elle.
"Obama est jeune, il a 47 ans, et Mc Cain a 72 ans", ajoute une cliente, Angel Brown, chef du Murphy's Steakhouse à Pittsburg, un peu plus au nord. "Et les jeunes vont être nombreux à voter. Ma fille de 22 ans va voter cette fois. C'est une question d'économie, de santé, de taxes, de guerre. Je vous gage que tout de suite après les élections le prix de l'essence va remonter de 30 cents".
Hier, le prix du gallon américain à Colebrook était de 2,56 $ (68 cents américains le litre), après avoir atteint 3,10 $ (81 cents) à l'été.
Un État-clé?
Remporté de justesse par le républicain George W. Bush en 2000, puis échappé de justesse au démocrate John Kerry en 2004, le New Hampshire pourrait bien être un État-clé pour l'accès à la présidence.
Cet État de 1,3 million d'habitants ne compte cependant que quatre des 270 grands électeurs du Collège électoral des États-Unis. Le vote de ces grands électeurs va en entier au candidat du parti qui a dégagé la majorité dans l'État. À titre de comparaison, l'État le plus peuplé, la Californie, compte 55 des 538 grands électeurs de ce pays de 300 millions d'habitants.













