
Le maire Jean Perrault avait lui aussi échappé à la mort lors de la fameuse descente en rafting.
Archives La Tribune, Maxime Picard
La tragédie s'est produite au cours d'un événement promotionnel impliquant la Ville de Sherbrooke et la corporation Sherbrooke, Cité des rivières. Dans la force du courant, le pneumatique comptant neuf dignitaires et un guide a subitement chaviré, immédiatement après son départ. Le maire Jean Perrault était du nombre.
L'une des personnes à bord, Réal Carbonneau, a eu le pied gauche coincé entre deux pierres au fond de l'eau: il a péri noyé. Âgé de 49 ans, M. Carbonneau était directeur du bureau de l'Estrie à la Société de la faune et des parcs du Québec. «On l'a retrouvé environ une heure et demie après, se remémore le policier René Dubreuil. On a abaissé le niveau de l'eau du barrage pour essayer de le retrouver».
Parmi les témoins de première ligne de l'événement, on remarque la conseillère Chantal L'Espérance, qui prenait place elle aussi à bord de l'embarcation. L'équipe de tournage l'a rencontrée pendant une heure et demie, hier, pour rendre compte de l'événement dont a aussi été témoin son conjoint. Celui-ci, Marc Lignon, était sur une passerelle et il a assisté à la scène, incrédule.
L'événement constitue l'un des huit épisodes d'une heure d'une série qui sera diffusée à l'automne 2009, explique le producteur Ivan Lamontagne, de La Presse télé. «Il s'agit de gens qui ont côtoyé la mort de près, et qui ont survécu à une malchance, à quelque chose d'incontrôlable, mais dans ces événements dramatiques on ne parle pas de maladies ou de cancers».
«C'est un documentaire fiction, avec les témoignages des gens impliqués dans l'événement, en plus de ceux des spécialistes», ajoute entre deux prises de vue l'assistante-réalisatrice Caroline Dubé. «Des comédiens reconstituent une partie de l'action» pour mieux faire saisir l'ampleur des tragédies aux téléspectateurs.
«On fait une reconstitution symbolique, signale la directrice artistique Pascale Rocray. Je ne veux pas tout dire, mais Mme L'Espérance est restée coincée sous l'embarcation, la tête dans un mince espace d'air... Ce n'est qu'après, une fois retournée chez elle, qu'elle a appris le décès de M. Carbonneau».
Le maire Jean Perrault, qui a lui aussi échappé à la mort, n'a pas voulu témoigner, raconte la journaliste de télé Nathalie Roy, qui déjà travaillé à La Tribune dans les années 80.
«On a senti qu'il préférait mettre ces événements derrière lui, parce que ça le rendait trop émotif. Pour lui, ç'a été traumatisant... On peut comprendre que des gens préfèrent ne pas en parler, et on respecte ça».
Le photographe de La Tribune Maxime Picard, qui a été témoin de la tragédie, a aussi été interviewé. Ce jour-là, il avait pris des photos saisissantes, dont une du maire, assis sur les pierres, qui serrait les poings, sous le choc, en regardant le ciel.
«M. Perrault a failli se noyer, il entrait et sortait de l'eau en descendant le courant rapide», se rappelle le photographe. «J'ai vu aussi descendre l'embarcation renversée sur laquelle s'agrippaient Chantal L'Espérance, Alain de Lafontaine et le guide de la compagnie Rafting Mattawin, de Trois-Rivières.»
Dans ses huit épisodes, la série qui prendra l'affiche au Canal D, réalisée par Louis-Roland Leduc, racontera aussi une tragédie dans laquelle ont été impliqués d'autres Estriens dont le voilier a été percuté par un cargo sur le Saint-Laurent en 2004, à Québec.











