«J'ai un appartement à Longueuil, mais ma maison de Saint-Denis-de-Brompton demeure ma maison principale», note Mme Malavoy, qui a été députée de Sherbrooke de 1994 à 1998. Elle a été délogée par Jean Charest qui a obtenu 907 voix de majorité sur elle après avoir quitté les conservateurs fédéraux pour faire le saut en politique provinciale avec les libéraux.
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«M. Charest n'a jamais eu la partie facile dans Sherbrooke depuis qu'il est en politique provinciale», commente-t-elle. «Il n'est pas inébranlable, on l'a vu la dernière fois. Tant qu'à l'ébranler, il faut juste un peu plus d'efforts et on va reprendre la place... C'est le temps de recommencer cette belle alternance!»
Mme Malavoy participait lundi soir à un rassemblement au local du candidat péquiste sherbrookois, en compagnie des candidats Pierre Curzi et Réjean Hébert, et du député fédéral de Sherbrooke, Serge Cardin, du Bloc québécois.
L'obsession jeunesse
L'ex-députée de Sherbrooke espère que le taux de participation sera élevé au scrutin du 8 décembre, et elle croit que le premier ministre Charest a précisément fait le pari que les gens seront peu nombreux à voter et que cela l'avantagera.
«De grâce, allez voter, dit-elle. Si les gens ne vont pas voter, ils vont faire le jeu de Jean Charest. Pourquoi c'est bon pour lui si peu de gens votent? Il a un électorat qui lui est plus fidèle, plus ferme, et à la limite plus captif.
«L'électorat du PQ a une portion de volatilité. Entre autres il est plus jeune, et les jeunes ont un tas de raisons pour lesquelles ils peuvent ne pas aller voter. Notre électorat est moins discipliné et il faut qu'on lui explique pourquoi on est l'alternative la plus intéressante».
La clientèle jeune, l'avenir du Québec, est précisément la principale préoccupation de Marie Malavoy. «C'est presque devenu une obsession», avance-t-elle, avant de se lancer dans son argumentaire.
«L'enjeu principal aujourd'hui, c'est la lutte contre le décrochage scolaire, et moi je mets là -dedans beaucoup de choses: on a encore 30 % des jeunes de l'école publique qui ne terminent pas leurs cours dans les délais. Si on modifiait ça, ça aurait une influence sur le marché du travail».
«D'ici 2011, explique-t-elle, on doit trouver des gens pour 700 000 emplois nouveaux, soit à cause de retraites ou parce que ce sont de nouveaux emplois». Pour une population de 7 700 000 Québécois, c'est effectivement un gros défi.
Pour les plus jeunes, la députée souhaite aussi des mesures de détection précoce dès la garderie et des interventions ciblées chez les enfants à risque de difficultés d'apprentissage. Et cela demande toute une concertation, dit-elle.
«Vous savez, je veux que le Québec soit un État autonome. On n'y arrivera jamais, si on perd le tiers de nos jeunes».
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