Le comité de mise en candidature et l'assemblée universitaire de l'UdeS ont rendu public, vendredi, les deux candidats retenus. Les noms de Mme Samoisette et de M. Marquis, qui ont déjà travaillé étroitement ensemble au sein du cabinet du recteur et à la faculté de droit, circulaient depuis des mois dans les coulisses de la colline universitaire.
Les candidatures ont été dévoilées après que le comité de mise en candidature eut d'abord fait une sélection de tous les curriculum vitae qu'il a reçus.
Au moins un candidat de renom provenant de l'extérieur de la région n'aurait pas été retenu par le comité.
Luce Samoisette a passé neuf années à la haute direction de l'UdeS. L'ancienne vice-rectrice à l'administration a été la première rectrice adjointe de l'université. Mme Samoisette a aussi été rectrice par intérim lorsque Bruno-Marie Béchard s'est présenté aux élections fédérales en 2004.
Qu'est-ce qui a poussé les aspirants à se lancer? «Pour les défis qui s'en viennent à l'Université de Sherbrooke et pour les universités en général. On a eu de grands développements à l'Université, qui étaient bienvenus, qui étaient nécessaires. Il faut maintenant bien organiser ces développements-là. Je pense que je suis la personne en mesure de passer à la prochaine phase pour bien organiser et cibler certains développements (...)
J'aime aussi mobiliser les gens et travailler en équipe avec ces gens-là. L'UdeS me tient à coeur», répond-elle.
À ses yeux, les défis sont nombreux: elle cite entre autres le sous-financement des universités, le recrutement du corps professoral, les départs à la retraite et la dénatalité. L'établissement universitaire vivra aussi un tournant avec l'application de ses nouveaux statuts.
De son côté, Louis Marquis dit se voir comme une personne intense, une qualité nécessaire pour occuper ce genre de fonctions.
Professeur titulaire, M. Marquis enseigne toujours à la faculté de droit, en plus de poursuivre des recherches dans les domaines du droit transnational, du droit commercial international et des modes de prévention et de règlement des différends. Le site web de l'UdeS le décrit comme un spécialiste mondialement reconnu, et dont l'expertise a été sollicitée dans plusieurs pays.
«La première chose qui est bien importante pour moi, compte tenu des attentes qui sont élevées envers le titulaire de ce genre de poste, c'était d'acquérir la conviction que j'avais la motivation pour remplir ce poste-là et que j'avais aussi l'appui de ma famille; c'était incontournable. J'ai acquis la conviction d'avoir une réelle vision à proposer à la communauté universitaire. Je pense qu'on attend d'un recteur qu'il soit générateur d'idées et compte tenu des expériences qui ont été les miennes depuis le début de ma carrière, je suis convaincu que j'ai les éléments qu'il faut...»
Campagne électorale
Les six prochaines semaines devraient prendre des airs de campagne électorale sur le campus. Comment les candidats entendent-ils se faire valoir?
Depuis hier, la communauté universitaire peut consulter un site Internet que Luce Samoisette a mis en ligne. Dès la semaine prochaine, elle rencontrera les professeurs de son département pour les sonder sur ce qu'ils attendent de la direction de l'UdeS et pour répondre à leurs questions. Elle s'attend aussi à être sollicitée par différents groupes du campus.
«J'aime beaucoup les échanges, fait valoir pour sa part M. Marquis. Au-delà des activités officielles qui pourraient se dérouler, l'axe principal de ma stratégie, c'est celui du dialogue. Je suis là pour entendre la communauté universitaire», souligne-t-il en ajoutant que toutes les formes d'échanges s'avèrent bonnes.
Ce sont donc les 38 membres de l'assemblée universitaire qui auront le dernier mot. Le successeur du recteur Bruno-Marie Béchard devra obtenir plus de la moitié des voix le 19 mars prochain.
La personne élue gérera une institution dont le budget de fonctionnement est de 406 millions $ et qui compte quelque 6900 employés.
Selon l'UdeS, la seule femme à avoir postulé comme rectrice à l'UdeS est la députée Marie Malavoy, lors de l'élection de 1993.











