Le principal de Bishop's mieux traité que le recteur de l'UdeS

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Isabelle Pion
La Tribune

(Sherbrooke) Le nouveau principal de l'Université Bishop's, Michael Goldbloom, gagne un salaire annuel de 250 000 $, auquel s'ajoutent divers comptes de dépenses et une kyrielle d'avantages sociaux. Il s'agit de conditions plus généreuses que celles consenties à son prédécesseur, Robert Poupart. Et M. Goldbloom n'a rien à envier au recteur de l'Université de Sherbrooke, Bruno-Marie Béchard.

Le principal de Bishop\'s mieux traité que le recteur de l\'UdeS

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Michael Goldbloom

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Outre son salaire de base qui doit être revu au printemps de chaque année, le contrat de M. Goldbloom, dont La Tribune a obtenu copie, prévoit une allocation de 10 000 $ annuellement pour différents usages, dont des déplacements et d'autres dépenses.

 

Plutôt que de rembourser des frais d'hôtel lors de ses déplacements à Montréal, le principal et vice-chancelier reçoit plutôt chaque année 10 000 $ pour l'utilisation de sa résidence montréalaise. Comme le veut la tradition, M. Goldbloom habite sur le campus lennoxvillois, mais doit payer un loyer de 700 $ par mois. Les dépenses reliées à l'entretien de cette résidence sont toutefois à la charge de l'Université Bishop's. Elle alloue aussi à son dirigeant une somme de 1500 $ pour des services professionnels en comptabilité. Bishop's doit aussi fournir une voiture à M. Godlbloom ou encore lui donner une allocation pour sa voiture.

Michael Goldbloom a débuté sa carrière à titre d'avocat en droit du travail. Il a également été éditeur du quotidien The Gazette et au Toronto Star. Il assumait les fonctions de vice-principal aux affaires publiques à l'Université McGill avant d'arriver à Bishop's l'automne dernier. Renouvelable, son contrat à Bishop's, qui compte 1700 étudiants et environ 300 employés, se termine en 2013.

De son côté, le recteur de l'Université de Sherbrooke, Bruno-Marie Béchard, reçoit près de 275 000 $ pour gérer une organisation accueillant 36 000 étudiants et comptant près de 7000 employés.

M. Béchard peut recevoir un remboursement de ses frais de fonctions, sur présentation d'un rapport de ses dépenses, jusqu'à concurrence de 12 000 $. Sa rémunération est établie par règlement. Une fois son mandat complété, M. Béchard aura droit à un congé de perfectionnement d'une durée d'un an.

Le président de la corporation de Bishop's, Robert Gordon, fait valoir que les conditions de travail de Michael Goldbloom sont semblables à celles offertes dans d'autres universités canadiennes. Son salaire, ajoute-t-il également, est l'équivalent de ce qu'il gagnait lorsqu'il était en fonction à McGill.

M. Gordon souligne que les 14 membres du comité de sélection du principal étaient unanimes sur le choix de M. Goldbloom. Les conditions du contrat ont été dévoilées aux 62 membres de la corporation et une copie du document a aussi été envoyée au syndicat, note M. Gordon.

Si Bishop's mettait fin au contrat sans raison, Michael Goldbloom aurait droit à la moitié de sa rémunération, qui inclut tant son salaire annuel que diverses allocations, et l'indemnité ne pourrait être moindre que l'équivalent de 16 mois de rémunération.

De plus, si la corporation de l'établissement décide de ne pas renouveler son contrat, le principal aura droit à 16 mois de rémunération. Son contrat stipule également qu'il a droit à son plein salaire et à ses avantages pour un congé administratif d'un an.

La personne idéale

Est-ce trop cher payé en cette période d'austérité budgétaire? Non, répond le deuxième vice-président de l'Association des professeurs de Bishop's University (APBU

et responsable des communications, Steven Woodward. «Nous avons besoin de quelqu'un avec beaucoup de connaissances et de contacts. C'est la personne idéale. Il a beaucoup de travail et nous avons besoin de quelqu'un qui peut résoudre les problèmes», commente M. Woodward tout en soulignant qu'il n'a entendu que du positif sur M. Goldbloom depuis son arrivée.

Le représentant de l'instance syndicale souligne qu'une université doit offrir des salaires compétitifs pour attirer et recruter du personnel. En contrepartie, l'APBU s'en souviendra lors des prochaines négociations. Il avait été convenu, dans la convention collective de 2007, que les professeurs bénéficieraient d'une augmentation que si le nombre d'étudiants dépassaient 2300 en mars 2009, un chiffre qui ne sera pas atteint.

La Tribune écrivait, cette semaine, que le départ précipité de l'ancien principal Robert Poupart forçait l'institution à lui verser 500 000 $.

Toujours en attente de pouvoir toucher des subventions conditionnelles d'environ sept millions $ retenues par le ministère de l'Éducation, Bishop's doit composer avec un déficit accumulé de près de huit millions de dollars.

 

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