Huit ans, 67 pays et 77 000 km plus tard

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Huit ans, 67 pays et 77 000 km plus tard

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Jean Béliveau et Luce Archambault

 

Mario Goupil
La Tribune

(Sherbrooke) Presque huit ans et demi déjà que Jean Béliveau a quitté la maison pour aller prendre une marche autour du monde. Il devrait rentrer au Canada dans deux ans, au début du printemps, après avoir marché 77 000 kilomètres et traversé 67 pays. Il se trouve actuellement aux Philippines, le 56e pays dont il a foulé le sol.

«C'est encourageant puisque l'on regarde maintenant les années qu'il lui reste à marcher et non plus celles qui sont derrière», confie Luce Archambault, la conjointe du marcheur natif d'Asbestos.

 

Jean Béliveau a enfilé ses espadrilles le 18 août 2000, jour de son 45e anniversaire de naissance, et il a annoncé à sa femme qu'il partait faire le tour du monde. Il marche depuis ce jour.

«Je me rappelle lui avoir demandé si c'était une séparation qu'il voulait. Il m'avait répondu qu'il m'aimait et que le décision de l'attendre m'appartenait», rappelle Luce Archambault.

L'amour a finalement triomphé.

«Je lui dis d'y aller et que j'allais le supporter», se souvient-elle.

Le couple se retrouve une fois par année depuis huit ans. Luce Archambault est allé le rejoindre quelques jours avant Noël, à Taiwan, puis elle est rentrée à Montréal à la fin janvier.

«On a passé 26 jours ensemble, ce qui est beaucoup», confie-t-elle en riant.

«Cette année, on s'est écrit pour la Saint-Valentin, mais on a bien hâte de célébrer ça ensemble. C'est ce que l'on devrait faire l'an prochain pour le 10e», ajoute-t-elle.

Maintenant à la retraite, Luce Archambault gère le site web www.wwwalk.org et la boîte de courriels de son conjoint.

«Je n'ai jamais travaillé aussi fort», avoue-t-elle.

Jean Béliveau fait l'objet de reportages dans presque tous les pays où il passe puisqu'il marche pour promouvoir «la paix et la non-violence au profit des enfants du monde». Il a traversé la plupart des pays en solitaire, n'ayant pour fidèle compagnon de route qu'un tricycle à bagages qui transporte ses vêtements, une petite tente, un sac de couchage, un peu de nourriture et une trousse de premiers soins.

Il arrive cependant en cours de route que des supporters, touchés par son histoire et le défi qu'il s'est donné de traverser tous les continents, viennent marcher quelques kilomètres en sa compagnie.

Dans certains pays, il se voit offrir généreusement de l'hébergement, mais plus souvent qu'autrement il doit se contenter de sa tente pour la nuit.

Petits problèmes

Jean Béliveau a beau marcher, les années le rattrapent, lui qui a maintenant 53 ans et demi. Pendant que sa conjointe se trouvait à ses côtés le mois dernier, il a d'ailleurs connu de sérieux ennuis avec son nerf sciatique qui l'ont obligé à demeurer immobile pendant une dizaine de jours.

«Jean était inquiet, mais maintenant tout est rentré à la normale», explique Lucie Archambault.

Il y a quelques années, il avait dû subir une intervention chirurgicale à la prostate en Algérie. Rendu en Corée du Sud, il avait été contraint de consulter un podiatre qui a dû lui fabriquer des orthèses parce que les coussins de ses pieds s'étaient complètement déboîtés.

Des problèmes, Jean Béliveau n'en a rencontré somme toute que très peu en huit ans et demi. Son amoureuse a résolu l'un d'eux en lui apportant trois nouvelles paires d'espadrilles dernièrement, lui qui n'avait pu en trouver de sa pointure il chausse des 13 en traversant des pays comme la Chine, la Corée et le Japon, où les géants comme lui se font plutôt rares.

«Je ne sais même pas si ce que je lui ai apporté va durer un an», mentionne Luce Archambault.

Deux de paires d'espadrilles de Jean Béliveau, dont la mère, Yolande Charland, habite à Sherbrooke, trônent d'ailleurs dans des musées aujourd'hui.

«L'une se retrouve à Ottawa, dans un musée consacré aux Canadiens qui se dévouent pour la paix, et une autre à Rekoczifalva, en Hongrie. Là-bas, on a organisé une grande célébration pour Jean le 6 janvier 2007 parce qu'il avait jusque-là parcouru 40 075 kilomètres, ce qui représente la circonférence de la terre. Il y a un musée à son honneur en Hongrie», explique Luce Archambault.

Un jour, et il n'est probablement plus très loin, l'exploit de Jean Béliveau sera assurément reconnu à sa juste valeur au Canada.

 

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