Des «franchement!», des «c'est ridicule!», on en a entendus à quelques reprises au Club de golf de Sherbrooke. Tant les partisans du statu quo que de la réouverture ont parfois eu du mal à digérer les propos du clan adverse au cours de ce qui se voulait une séance «d'information» et non de «consultation», les élus ayant déjà un «préjugé favorable» au statu quo.
Les citoyens résidant au nord de la rue Bouchette savent depuis un mois que les élus de la Ville de Sherbrooke refuseront leur demande de rouvrir l'extrémité nord de la rue Bouchette aux automobilistes provenant de la rue Prospect. Ces citoyens, dont plusieurs habitent aux Terrasses du golf, souhaiteraient pouvoir emprunter la rue Bouchette pour se rendre dans le secteur des Promenades King plutôt que d'avoir à faire le détour via les boulevards Jacques-Cartier ou Lionel-Groulx, ce qui, à leur avis, génère inutilement des gaz à effet de serre.
Après avoir analysé le dossier, les fonctionnaires municipaux ont recommandé le statu quo, jugeant que la circulation de transit sur la rue Bouchette (une rue résidentielle) représenterait au moins 80 pour cent du trafic advenant la réouverture. Les élus entérineront leur décision lundi prochain. L'arrondissement de Jacques-Cartier souhaitait présenter le dossier aux citoyens au préalable.
À en juger par les applaudissements, plus de la moitié des gens présents jeudi appuyaient le statu quo. Normal, selon le porte-parole des citoyens réclamant la réouverture, Tom Cameron, puisque les résidants du secteur Paul-Desruisseaux n'avaient pas été invités à la rencontre.
Certains résidants de la rue Prospect ont qualifié l'étude des fonctionnaires de biaisée. Cette analyse «n'a pas été bâclée et est neutre», a rétorqué le directeur du service des infrastructures urbaines et de l'environnement de la Ville, Denis Gélinas, qui a parfois eu du mal à garder son calme.
D'autres partisans de la réouverture, dont Fernand Serre, ont suggéré aux élus de rouvrir la rue Bouchette pendant quelques mois ou quelques années, le temps de mesurer les impacts réels d'une telle mesure. Ils ont aussi dénoncé l'importante problématique de sécurité sur la rue Prospect, une rue collectrice fortement achalandée et dépourvue de trottoirs, contrairement à la rue Bouchette.
À ce sujet, la présidente de l'arrondissement de Jacques-Cartier, Chantal L'Espérance, a confié à La Tribune qu'elle insisterait pour que la Ville sécurise rapidement la rue Prospect. Du reste, Mme L'Espérance avait déjà entendu les arguments soumis par les partisans de la réouverture avant cette séance d'information.
De leur côté, quelques résidants de la rue Bouchette et des rues avoisinantes ont milité pour leur qualité de vie. «Je comprends mal qu'on veuille rouvrir une rue pour sauver deux minutes en automobile, tout ça en mettant en danger la sécurité des enfants», a fait valoir Sébastien Desjardins. «La raison principale de réclamer la réouverture de la rue Bouchette, c'est d'aller au centre d'achats King. Ça as-tu du bon sens!» a pour sa part ironisé Michel Couture.












