«Si on est les leaders au Québec dans le traitement des tumeurs cérébrales, il va falloir que le CHUS nous dote des installations et des équipements en conséquence, pour garder ce titre!» lance-t-il, précisant tout de même que son insatisfaction a baissé d'un cran récemment.
L'équipe espère l'ajout de locaux et le rehaussement des installations opératoires et des équipements, avec comme pièce de résistance la nouvelle version du scalpel gamma qui avait tant fait jaser lors de son acquisition en 2004.
«Au plan de la recherche, ça se passe super bien avec des protocoles du côté des États-Unis et ainsi de suite. Notre problème se situe au niveau clinique. La neurochirurgie a été laissée pour compte», déplore le spécialiste dont la renommée dépasse largement les frontières de l'Estrie et du pays.
Pour lui, il est d'autant plus important que les choses bougent puisque le CHUS a obtenu, il y a six mois à peine, le rare privilège d'une désignation comme centre suprarégional de niveau 4 dans le très pointu domaine du traitement des cancers du système nerveux. «Cette désignation quaternaire, il faut qu'on ait les outils et les facilités pour la maintenir», signale le Dr Fortin.
S'il dit avoir senti que les autorités du CHUS «commencent enfin à bouger», le spécialiste espère que les actions suivront réellement. «On sait tous que dans le secteur de la santé, c'est toujours long avant de voir aboutir les projets. Mais si la volonté de l'administration est manifeste et claire, alors ça envoie des signaux aux plus hautes instances», croit le titulaire d'une importante chaire de recherche sur le cancer cérébral.
Pour l'instant, David Fortin ne va cependant pas jusqu'à mettre son avenir à Sherbrooke dans la balance. «J'ai commencé ma carrière ici. Ma famille est bien implantée en Estrie et je ne me vois pas actuellement partir», a-t-il manifesté.
Déjà au travail
«C'est clair qu'on va y mettre tous les efforts», a réagi jeudi la directrice adjointe des services cliniques du CHUS, Sylvie Gatien. «On veut maintenir notre rôle de leader dans ce secteur très pointu de la médecine», assure-t-elle.
Le chantier est donc enclenché afin d'obtenir les autorisations budgétaires pour ce qui portera sur «plusieurs millions» de dollars. «Comme on est à monter les dossiers, on n'en connaît pas les chiffres exacts mais quand il est question d'une spécialité aussi pointue que la neurochirurgie, alors ça réfère à beaucoup d'argent», précise Mme Gatien.
Pour le remplacement du scalpel gamma, le CHUS veut profiter de l'ouverture d'investissements qui seront de toute façon requis à l'automne 2009 sur l'équipement en place. Il faudra alors remplacer les sources de cobalt. L'idée, selon Mme Gatien, c'est d'y aller d'une nouvelle version de l'appareil, plus performante et en mesure de traiter plus de patients avec plus de possibilités d'applications cervicales et en ORL.
Pour le rehaussement des installations opératoires, l'objectif est d'aménager sur place les différents équipements d'imagerie de base reliés à la neurochirurgie plutôt que d'avoir à déplacer les patients en plein coeur d'intervention. Le troisième gros projet se situe en matière de locaux, pour regrouper dans le même environnement physique les différents intervenants en neurochirurgie.
Sylvie Gatien reconnaît que la commande est grosse, autant en raison des ressources financières requises que des problèmes d'espace au CHUS de Fleurimont. Mais elle assure que la direction veut s'y attaquer de front, de concert et avec la collaboration des spécialistes concernés.












