Les enseignants qui s'y opposaient se sont réjouis de la décision des membres du groupe évangélique étudiant (GEE), qui avaient lancé l'invitation à OC, mais ils estiment que la direction de l'établissement collégial aurait dû elle-même annuler la présentation.
Les créationnistes soutiennent que la vie a été créée par une puissance divine et que son origine s'explique en se basant sur une interprétation littérale de la Genèse. Cette doctrine est en opposition avec l'évolutionnisme, théorie que l'on doit au naturaliste Charles Darwin.
Sur le site d'OC, on peut lire que le but du groupe est «d'équiper les chrétiens pour les rendre capables d'offrir une défense crédible de la Genèse et pour qu'ils sachent que la Bible est le seul fondement pour l'interprétation de tous les aspects de la réalité».
Dans une lettre ouverte publiée par La Tribune cette semaine, une quarantaine de professeurs du Cégep et d'autres institutions ont dénoncé qu'une conférence sur le créationnisme soit prévue au Cégep. Les détracteurs de cette théorie estiment qu'Origine Création s'avère un groupe fondamentaliste dont les croyances vont totalement à l'encontre d'un enseignement scientifique.
Membre du GEE, Cassandra Dubuc souligne que le débat devenait très émotif et que la direction rencontrait beaucoup d'opposition; il y avait un malaise certain. Le groupe qui a invité le conférencier Michel Couillard a donc décidé de tenir la conférence à l'extérieur du Cégep. Celle-ci a attiré beaucoup d'étudiants, mais aussi des gens de tous les âges.
Aux yeux d'Alexandre Couture, membre du GEE, la médiatisation de cette histoire a en quelque sorte servi de publicité. «Il y a des gens qui passent leur vie à étudier la Bible. Il y a des choses intéressantes», commente-t-il. Pour M. Couillard, la salle comble démontrait l'intérêt des gens pour la question. Un jeune homme a demandé en début de séance s'il pouvait poser des questions pendant l'allocution de M. Couillard, et ce dernier lui a répondu qu'il rencontrerait les gens intéressés à discuter après la conférence.
Des enseignants avaient prévu s'y rendre afin de faire valoir leur opinion. Toutefois, le groupe d'opposants s'est ravisé en apprenant que l'événement aurait lieu dans une église, explique Philippe Langlois, enseignant en philosophie au Cégep de Sherbrooke et signataire de la lettre. «Nous nous réjouissons du fait que la conférence a lieu là où elle devait avoir lieu», a-t-il commenté en précisant que les étudiants ont compris les enjeux de laïcité soulevés par ce débat.
«Nous sommes déçus que la décision d'annuler la conférence ne soit pas venue de l'administration elle-même. La direction n'a pas reconnu son erreur de tenir au Cégep cette conférence. Elle défend encore une position qui prône la non-intervention, ce qui à notre sens est très mal avisé. Le problème n'est pas réglé. Il le sera lorsque la direction prendra ses responsabilités et acceptera d'établir des critères et des procédures claires pouvant justifier le refus de soutenir et d'endosser certains événements», fait valoir M. Langlois.
De son côté, la direction du Cégep a dit maintenir sa décision. En entrevue plus tôt cette semaine, la directrice du service aux étudiants, France Turgeon, avait entre autres expliqué qu'exiger une annulation aurait été anti-démocratique et contraire à la Charte des droits et libertés.
L'affaire a eu des échos jusque dans la presse montréalaise.













