Jean-Marie Dubois: une lutte incessante pour le français

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Jean-Marie Dubois: une lutte incessante pour le français

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Jean-Marie Dubois

Imacom, Jocelyn Riendeau

Marianne Dandurand
La Tribune

(Sherbrooke) La rédaction d'articles scientifiques, ça se passe en anglais, entend-on régulièrement.

Pourtant, un chercheur de l'Université de Sherbrooke, Jean-Marie Dubois, a fait sienne la cause du français dans les publications scientifiques. Une lutte qui vient d'être reconnue par le Mouvement estrien pour le français, qui lui a remis hier son Prix d'excellence 2009.

«Ça fait des années que j'essaie d'inciter mes collègues à publier en français», souligne le professeur, en affirmant que la vaine bataille est très frustrante.

 

Et l'écriture n'est pas systématiquement en anglais pour l'accessibilité, comme on pourrait le croire. Un grand incitatif vient du fait qu'il est plus facile pour un chercheur d'obtenir des subventions quand ses articles sont régulièrement cités par d'autres scientifiques. Et pour faire ces statistiques, les Américains dépouillent ce qui est écrit en anglais, explique M. Dubois.

«Mais s'ils trouvent une revue scientifique publiée dans une autre langue intéressante, ils vont se fendre en quatre pour la traduire», illustre-t-il. C'est dans cette optique qu'il a fondé une revue scientifique francophone sur la télédétection. Mais il reste à convaincre les plus éminents spécialistes francophones d'écrire dans leur langue maternelle.

Parce que lui-même, préférant écrire en français «le génie de la langue [n'est] inné que pour notre langue maternelle» - s'est déjà fait refuser une subvention canadienne pour une raison raciste. Il n'était pas un chercheur d'envergure nationale parce qu'il ne publiait en français, lui a-t-on dit.

Rapports à des... francophones

Si le défi est grand, souvent frustrant, il ne compte pas laisser tomber. Avec ses écrits en français, il a mené une carrière internationale. Et son intérêt pour la langue française est ancré profondément en lui, remontant à son enfance, raconte-t-il.

«Mon père était chef de train pour le Canadien Pacifique. Il revenait en maudit de ses journées de travail parce qu'il devait rédiger en anglais ses rapports qu'il remettait à des francophones», raconte M. Dubois.

Outre son implication dans le milieu scientifique, M. Dubois est aussi membre du comité de toponymie de la Ville de Sherbrooke, et a contribué à franciser le nom des rues de la Reine des Cantons-de-l'Est.

marianne.dandurand@latribune.qc.ca

 

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