Non, ont majoritairement répondu, avec quelques nuances, les participants au débat organisé lundi par l'Association des gais, lesbiennes, bisexuels de l'UdeS (AGLEBUS) et la Société de débat de l'UdeS (SDUS) sur le outing, dans le cadre de la semaine «Portes ouvertes sur la diversité sexuelle» organisée par l'AGLEBUS.
Le outing consiste à dévoiler, par exemple, l'homosexualité d'une personnalité publique sans son consentement. Deux équipes devaient débattre de la question, tandis que le doyen de la faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS), Réjean Hébert, la journaliste de La Tribune, Sonia Bolduc, aussi porte-parole de l'événement «Portes ouvertes sur la diversité sexuelle», et l'évêque Charles-Rafaël Payeur de la Fraternité sacerdotale St-Jean-L'Évangéliste, aussi responsable de la mission canadienne, ont pu apporter leurs points de vue à titre de juges.
«Le outing n'est pas acceptable dans une société qui se veut une société de droit et respectueuse de la différence de chacun», a fait valoir Charles-Rafaël Payeur, qui publiait, il y a quelques années, Sodome et Gomorrhe: le droit à la différence.
Dans ce livre, l'évêque rétorquait au pape Jean-Paul II, qui s'opposait à l'union de deux personnes de même sexe. «Est-ce qu'un Dieu qui n'est qu'amour peut condamner l'amour entre deux personnes?» a-t-il lancé, hier, lors de la rencontre qui a eu lieu à l'Université de Sherbrooke.
«Je suis dans une Église indépendante de Rome, avec en son sein un noyau dur qui est contre l'homosexualité. Dans un milieu comme cela, la façon de faire évoluer les choses, ce n'est pas par le outing, mais par des arguments de fond, de l'éducation», a-t-il plaidé. Charles-Rafaël Payeur raconte que la publication de son livre a d'ailleurs créé de grands remous.
On doit s'opposer à l'utilisation de l'orientation sexuelle comme une arme, ont notamment fait valoir Catherine Hallé et Sylvain Bérubé, deux étudiants respectivement de l'AGLEBUS et de la SDUS qui devaient argumenter sur le fait que le outing n'est pas acceptable. Ils ont aussi fait valoir que ce dévoilement va à l'encontre d'un droit fondamental, soit le droit à la vie privée.
Pour Alexis Lacombe et Martin David, de la SDUS et de l'AGLEBUS, chargés de défendre cette sortie de placard non réclamée, le outing permet entre autres de dénicher des modèles positifs pour d'autres gais.
Aux yeux de Sonia Bolduc, on peut être un modèle positif si on le décide, mais pas question d'un fusil sur la tempe. Parce que, fait-elle valoir, les personnes qui subissent le dévoilement de leur orientation sexuelle pourraient devoir vivre avec des conséquences fâcheuses.
Le Dr Réjean Hébert, dont l'homosexualité est avouée, se dit contre le outing par respect pour les gens. Il y voit cependant une forme acceptable dans le cas où des gens utiliseraient leur vie privée pour mousser leur vie publique, par exemple, et qu'on souhaiterait dénoncer une incohérence. On pourrait penser à l'histoire d'un sénateur américain qui condamnait l'homosexualité et qui prônait les valeurs familiales, mais qui était en fait homosexuel. Dans un tel cas, aux yeux de M. Hébert, le outing serait acceptable.
Selon lui, il s'agissait de sa première activité engagée. «Le respect est extrêmement important. Il faut aider les gens à dédramatiser l'homosexualité. Quand on le cache, on l'investit d'une importante démesurée. C'est ce qu'il faut essayer de contrer.»













