Ils sont deux pêcheurs à la mouche de la région, Jean-François Dufour et Bruno Isabelle, à braver la tempête économique en lançant une première collection de vêtements destinés à leur confrérie. Ils amènent dans cette industrie l'étiquette du «fabriqué à Sherbrooke», la marque Torrent.
Le rêve aurait probablement été inaccessible s'il ne s'appuyait sur des acquis. Torrent est en quelque sorte un dérivé de la compagnie Graph-X Design, installée dans le parc industriel de l'Est et spécialisée dans la vente et l'impression de vêtements corporatifs.
«Le concept germe depuis longtemps. Nous avons établi le contact avec un consultant québécois, compétent et réputé dans les tissus des vêtements récréatifs. Nous testons des prototypes depuis cinq ans et nous avons atteint les propriétés que nous recherchions pour des vêtements totalement imperméables, flexibles et qui respirent. Nous sommes prêts à attaquer le marché», se réjouit le copropriétaire de Torrent, Jean-François Dufour, 38 ans, à la tête de Graph-X Design depuis déjà une quinzaine d'années.
Pour Torrent, attaquer le marché, c'est cibler la niche très spécialisée du haut de gamme, à l'intérieur d'un segment de marché.
«Notre marché, c'est une fraction de la fraction des sportifs qui pêchent à la mouche plutôt qu'au lancer léger. Mais ceux-là sont des passionnés. Ils sont prêts à investir pour pêcher dans toutes sortes de conditions avec des équipements de qualité», met en contexte M. Isabelle, qui dirige les opérations.
Torrent a été en phase de pré-démarrage au cours de la dernière année.
La compagnie accueille ses clients locaux dans une mini-boutique de la rue Longpré.
Elle mise principalement sur son site internet (www.torrent.ca) pour la mise en marché et la vente de ses produits.
La réception est bonne et les dirigeants de Torrent s'adaptent déjà à l'imprévu: une demande féminine.
«J'avais pourtant prévenu mes patrons que les femmes seraient attirées par nos vêtements. Qu'elles les trouveraient jolis et pratiques pour différentes activités, pas seulement la pêche», se réjouit la conceptrice Magdalina Carrier.
«Le crédit de ce coup de génie revient à Magdalina», concède sans hésitation Bruno Isabelle.
L'entreprise a un atelier de création, de découpage et de confection à Sherbrooke, doté d'équipements modernes qu'un grand concurrent américain ne posséderait pas encore.
«Nous promettons de la qualité, nous livrerons de la qualité. Nous sommes dans l'année charnière et nous ne voulons pas rater notre entrée», dit M. Isabelle.
La récession n'effraie pas les deux partenaires d'affaires.
«Si nous étions une compagnie établie, avec des impératifs de croissance, je serais peut-être inquiet. Nous sommes à l'étape du démarrage, nous voulons bâtir sur du solide et le contexte économique se prête au rythme de développement que nous ciblons de manière réaliste », analyse à ce sujet Jean-François Dufour.
À ce que je me souvienne, le célèbre Louis Garneau avait des visées aussi modestes à ses débuts dans son bled de Saint-Augustin-de-Desmaures, près de Québec.
Qui sait ? P'tit Train va loin.
Non, P'tit Train sort sa canne à mouche aujourd'hui et s'en va pêcher! Il étrenne ses nouveaux vêtements Torrent.










