Comme quelques autres jeunes du Centre jeunesse de l'Estrie, l'adolescente était aux premières loges de la collecte de fonds visant à financer les ateliers culinaires qui l'ont «vraiment fait triper». Tellement qu'elle projette d'enfiler le tablier comme métier.
Tout comme le chef Danny St-Pierre, dont le restaurant de la rue Wellington Nord à Sherbrooke avait des airs, et encore davantage d'effluves, de binerie traditionnelle, hier, avec la collaboration, notamment, de la Boucherie Clément Jacques.
Les quatre tablées qui s'y sont finalement succédé, totalisant près de 480 personnes en cinq heures, ont permis de verser 7000 $ à la Tablée des chefs. «Cela permettra d'ouvrir une deuxième classe d'ateliers du frère Toc pour les jeunes du Centre jeunesse de l'Estrie», s'enthousiasme le directeur général et fondateur de l'organisme, Jean-François Archambault.
De quoi développer d'autres passions, peut-être, et une autonomie culinaire chez de jeunes Estriens, pour sûr.
«Aider les gens à mieux s'alimenter et leur redonner le pouvoir de cuisiner nous tient à coeur», expliquent les propriétaires du restaurant Auguste, Anik Beaudoin et Danny St-Pierre. «Et plus large que ça encore, nous souhaitons devenir un outil de travail pour les oeuvres caritatives», continue ce dernier, à propos de leurs implications à répétition.
«C'est d'autant plus important que nous traversons une période socialement difficile, note Anik Beaudoin. En plein temps des sucres, l'idée d'une binerie nous semblait rassembleuse et conviviale.»
C'est ainsi que la Boucherie Clément Jacques a relevé le défi d'apprêter, selon sa réputée recette, 50 livres de bines sèches. «Un cérémonial de longue haleine», fait remarquer Clément Jacques, sous les yeux de son fils copropriétaire, Sébastien.
Et qui en vaut d'autant plus la fourchetée, assuraient les convives de tous les âges, hier. Les familles étaient en effet nombreuses, le prix du billet, 15 $, ayant été particulièrement invitant.
Autour d'une des tables garnies de fèves au lard, d'omelette, d'oreilles de crisse, de pain et de café - et de la tire à la sortie _, offerts par la boulangerie Brioche pralinée, la Fromagerie de la Station et les cafés Pablito, Marie-Josée Massé avait réuni sa famille et des amis montréalais. «Pour la bouffe bien sûr, mais évidemment pour la cause, pour ces jeunes qui n'ont pas eu l'opportunité de développer cette culture de cuisiner», souligne la Sherbrookoise, son fils Marius, 9 ans, approuvant vigoureusement de la tête.
Juste à côté d'eux, l'accordéoniste Marco Bruneau assurait l'ambiance pendant le repas traditionnel, servi par tout le personnel de l'Auguste, au boulot en cet habituel congé dominical. C'était également la première fois, outre à l'ouverture, que les propriétaires voyaient leur resto aussi bondé. Et quatre fois d'affilée.
Parions que ce ne sera pas la dernière.











