«En 2012, Sherbrooke sera reconnue à l'échelle québécoise, nationale et internationale, comme pôle majeur d'innovation tant au plan social qu'économique, et ce, dans un milieu de vie de qualité exceptionnelle», avait-on établi comme orientation au moment de cette vaste mobilisation régionale.
Cette volonté concertée, cette prise de conscience s'avère un gain «majeur» et «irréversible» qu'il ne faut pas sous-estimer, selon M. Béchard. À ses yeux, comme la reine des Cantons-de-l'Est est la «ville en Amérique du Nord avec la plus forte densité d'activités universitaires», celle-ci peut arriver à se démarquer du peloton.
D'ailleurs, souligne-t-il, la préparation jusqu'au sommet avait été bonne, notamment avec la tenue du forum Direction Sherbrooke. «C'est remarquable l'évolution des mentalités qui s'est produite entre 2001 et 2007. Qu'on convienne tous de se fixer un objectif audacieux d'être reconnu à l'échelle nationale et internationale comme étant une capitale d'innovation, que ce soit unanime, ça c'est extraordinaire», souligne-t-il.
«Là où le bât blesse, c'est pour la suite des choses... À la suite du sommet, on s'est traîné les pieds», lance-t-il en faisant valoir que tout le monde s'entendait sur l'importance d'un leadership fort pour stimuler l'innovation. Environ 18 mois ont été nécessaires pour constituer le comité de gouvernance d'IDES, rappelle-t-il. «C'est la meilleure recette pour gaspiller une mobilisation comme celle du sommet de 2007.»
Le recteur a fait cette sortie alors que La Tribune lui demandait si la région pouvait atteindre son objectif pour 2012. Sans croire que cette cible s'avère irréalisable, il croit néanmoins que beaucoup de temps précieux a été perdu.
«Comme on a tant tardé à mettre en place IDES, on a perdu deux ans. Il nous reste trois années pour atteindre notre objectif. Il est devenu très difficile à atteindre. Dans plusieurs des projets audacieux que j'ai pilotés, ça en prenait moins que ça pour que les gens disent que c'était impossible.»
Bien que des contacts aient eu lieu avec le vice-recteur à la recherche de l'UdeS, Jacques Beauvais, il déplore que le directeur général d'IDES, Pierre Bélanger, ne l'ait pas contacté, lui qui est «recteur de l'UdeS», «président du pôle universitaire» et «patron de la plus grande entité de recherche».
«Je n'ai pas encore eu un coup de fil de M. Bélanger. Le temps qu'on prend à s'activer est mauvais signe et cela m'inquiète.» Pourtant, fait-il valoir, les intervenants ayant participé au sommet avaient fait ressortir l'importance de miser sur les forces universitaires.
«Au départ, IDES devait être une entité en soi. On a plutôt vu le facelift d'une société de développement économique. Je demeure prudent par rapport à mes espoirs.»
Le recteur de l'UdeS souhaite aussi que les dirigeants réussissent à aller au-delà de leurs convictions politiques, qu'elles soient «rouges» ou «bleues».











