Les premiers modèles de ces véhicules existent déjà. Il s'agit d'automobiles à deux places qui peuvent atteindre des vitesses dépassant les 200 km/h et dont l'autonomie n'atteint cependant pas encore trois heures avant la recharge de la batterie.
Tel est le projet sur lequel planche actuellement Réal Patry, président de l'entreprise PHd Distribution Internationale. M. Patry faisait partie en mars d'une délégation estrienne à l'événement Innovact 2009 qui se tenait à Reims, dans la région de Champagne-Ardennes (à l'est de la région parisienne). La mission estrienne était organisée par Innovation et Développement économique Sherbrooke.
«Le véhicule existe déjà sur des circuits privés en France. Il y en a de vendus. Ils ont commencé il y a huit ans. Ces véhicules peuvent atteindre une vitesse qui dépasse les 200 km/h et possèdent une autonomie moyenne de deux heures», précise M. Patry. «En aérodynamisme, le véhicule ressemble à une Miata (...) Ils fabriquent aussi une motocyclette pouvant asseoir une personne qui se déplace à 260 km/h».
«C'est une voiture extrêmement performante, ajoute M. Patry. Ce serait parfait pour les milieux urbains comme Sherbrooke. Ces véhicules-là sont conçus pour les centre-ville et les gens qui ont de courtes distances à parcourir sur l'autoroute.» On peut aussi imaginer ces véhicules dans des flottes de taxi de grandes villes, ou encore comme véhicules des administrations municipales.
Avantages concurrentiels
M. Patry, qui a été pendant plusieurs années commissaire industriel de la Ville de Sherbrooke, a été chargé par le fabricant français de préparer une proposition qui mettrait de l'avant les avantages d'implanter une usine d'assemblage ici. Une telle installation permettrait d'ouvrir le marché nord-américain au fabricant européen. «J'ai des propositions à leur faire pour encadrer une démarche vers l'Amérique du Nord».
Selon M. Patry, l'Estrie a tous les atouts pour ce qui est de la main-d'oeuvre et de la capacité de fabrication des composantes. Pour que l'idée se concrétise, «ça va prendre des investisseurs d'ici», affirme-t-il. «Avec 15 millions $, on peut faire démarrer un projet comme ça».
«L'Estrie a des avantages concurrentiels extraordinaires. Par exemple, c'est facile ici de trouver des ingénieurs bilingues. Et l'investissement est moins coûteux s'il est réalisé au Québec. Les avantages sociaux sont plus élevés en France». Aussi, fait-il valoir, le taux de change est avantageux ici pour exporter sur le marché américain.
Selon M. Patry, la fabrication du moteur se ferait en France, et «il faudrait aussi importer la batterie, à court terme du moins». Pour le reste des composantes, comme l'alternateur, les roues, les pneus et le châssis, elles pourraient très bien être fabriquées ici, estime-t-il.
«L'Estrie, avec la filière transport, est bien placée», dit-il en parlant de Sherbrooke et du Val-Saint-François, dont fait partie Valcourt. «Il y aurait des retombées aussi pour Drummondville et Victoriaville».
Même si le projet est toujours à un stade embryonnaire, M. Patry est convaincu de sa viabilité: «Pour la phase de réalisation de la faisabilité du projet, je me donne deux ans (...) C'est du sérieux. J'ai rencontré les fabricants pendant quatre heures. J'ai même l'appui de l'ancien premier ministre français, Jean-Pierre Raffarin.»
L'homme d'affaires ne veut pas dévoiler l'identité de ses partenaires pour le moment.
Il précise tout de même que la série de véhicules en question compte «sept ou huit modèles de voitures», en plus de la moto électrique. Les autos reviennent à 12 000 euros l'unité, c'est-à-dire 19 200 $ canadiens selon le taux de change actuel.











